Le Massachusetts lance le premier programme d’apprentissage en santé intégrant l’intelligence artificielle (IA)

0
From Left to Right : Joanne Pokaski, Assistant Vice President for Workforce Planning and Development and Chair of the MassHire State Workforce Board | Dr. Susan Moffatt-Bruce, Lahey Hospital & Medical Center President | Lauren Jones, Labor and Workforce Development Secretary| Diego Martins, Student at Northeastern University | Jared Auclair, Dean of Professional Students at Northeastern University | Richard Meiklejohn, Lahey Innovation Hub and Lara Thomas, Division of Apprentice Standards Director in Massachusetts

Burlington (Massachusetts) – 5 Mars 2026 – REPORTAGE : YVES CAJUSTE, InfoHaïti.net – L’administration Healey-Driscoll a célébré jeudi, à Burlington, le lancement  du premier programme d’apprentissage en santé intégrant l’intelligence artificielle (IA) dans le Commonwealth. Développée en partenariat avec Northeastern University et Lahey Hospital & Medical Center, l’initiative constitue également une première à l’échelle nationale : il s’agit du premier apprentissage enregistré aux États-Unis associé à l’obtention d’un diplôme de licence (Bachelor’s degree).

Le nouveau métier reconnu dans ce cadre – Health Information Management Business Analyst – vise à former des spécialistes capables d’appliquer concrètement l’IA au sein des systèmes de santé. Le dispositif articule formation universitaire et expérience professionnelle en milieu hospitalier, selon un modèle d’« apprendre en travaillant ».

La cérémonie s’est déroulée au Lahey Hospital & Medical Center  (Burlington)  en présence de la secrétaire au Travail et au Développement de la main-d’œuvre du Massachusetts, Lauren Jones, de la directrice de la Division of Apprentice Standards, Lara Thomas, de la présidente de l’hôpital, Susan Moffatt-Bruce, du co-directeur du Lahey Innovation Hub, Richard Meiklejohn, ainsi que du doyen des programmes professionnels de Northeastern University, Jared Auclair.

L’IA au cœur de la transformation des soins

Dr Susan Moffatt-Bruce, president de Lahey Hospital & Medical Center

En ouverture, la présidente de l’hôpital, Dr Susan Moffatt-Bruce, a estimé que le secteur de la santé se trouvait à un moment charnière face à l’accélération des usages de l’intelligence artificielle.

« Les soins de santé sont à un point d’inflexion. Nous ne pouvons plus simplement théoriser autour de l’intelligence artificielle ; nous devons désormais l’adopter », a-déclaré la chirurgienne cardiothoracique.

Elle a néanmoins insisté sur la nécessité d’une démarche responsable. Selon elle, l’innovation dans le domaine médical ne peut se limiter à la rapidité : elle doit aussi être sûre, encadrée et produire une valeur ajoutée tangible pour les patients comme pour les professionnels.

C’est dans cette perspective que l’établissement a créé le Lahey Innovation Hub, structure dédiée à l’expérimentation et à l’intégration de technologies innovantes au sein des pratiques cliniques. L’objectif, selon la responsable hospitalière, consiste à traduire les avancées technologiques en bénéfices concrets pour les patients.

« Nous ne poursuivons pas l’innovation pour elle-même. Nous le faisons pour bâtir des partenariats et pour rendre le système de santé plus durable et plus sûr pour les patients et les cliniciens », a-t-elle ajouté.

Un modèle fondé sur la collaboration

Lauren Jones, Secrétaire au Travail et au développement de la Main-d’oeuvre

 

La secrétaire au Travail Lauren Jones a, pour sa part, souligné le rôle déterminant des partenariats dans l’aboutissement de ce programme.

« Le Massachusetts aime être le premier. Mais lorsque nous sommes les premiers, nous voulons aussi nous assurer que nous agissons de manière responsable », a-t-elle déclaré.

Selon elle, l’apprentissage enregistré constitue un levier essentiel pour répondre aux besoins des employeurs tout en créant de nouvelles opportunités professionnelles pour les travailleurs.

Le programme annoncé ce matin s’inscrit dans la stratégie de développement de la main-d’œuvre de l’administration Healey-Driscoll, qui entend renforcer les formations fondées sur l’expérience professionnelle dans les secteurs à forte croissance.

Lauren Jones a rappelé que l’État vise l’enregistrement de 100 000 nouveaux apprentis au cours des dix prochaines années, grâce à des investissements publics dépassant 14 millions de dollars.

« L’apprentissage est un moyen puissant de créer des passerelles vers des carrières stables et bien rémunérées », a-t-elle déclaré, faisant valoir que ce modèle permet d’acquérir des compétences tout en percevant un salaire.

La secrétaire au Travail Lauren Jones a également salué le leadership de Joanne Pokaski, vice-présidente adjointe chargée de la planification et du développement de la main-d’œuvre au sein de Beth Israel Lahey Health et présidente du MassHire State Workforce Board.

Une nouvelle approche de la formation universitaire : « learn and earn » (apprendre tout en travaillant)

Jared Auclair, doyen des programmes professionnels à Northeastern University,

Pour Jared Auclair, doyen des programmes professionnels à Northeastern University, ce programme illustre l’évolution attendue de l’enseignement supérieur vers des parcours davantage structurés par les compétences et l’expérience pratique.

« Cette initiative reflète un engagement commun entre l’enseignement supérieur, les prestataires de soins et les autorités publiques pour construire la main-d’œuvre qualifiée dont le Massachusetts aura besoin à l’avenir », a-t-il déclaré.

Le programme combine enseignement académique et formation pratique dans un environnement hospitalier réel. Selon Auclair, ce modèle « learn and earn » – apprendre tout en travaillant – présente des bénéfices pour l’ensemble des parties prenantes.

Les participants obtiennent un emploi rémunéré, une certification reconnue par l’industrie et un diplôme universitaire.

« Ils ne se préparent pas seulement pour leur poste actuel ; ils construisent une trajectoire de carrière à long terme », a-t-il expliqué.

Le responsable universitaire a, en outre, insisté sur l’enjeu d’accessibilité des carrières technologiques.

« Ces programmes réduisent les barrières financières, ouvrent des opportunités et permettent à des personnes qui pourraient autrement être exclues des secteurs technologiques émergents d’y accéder », a-t-il affirmé.

Le témoignage du premier apprenti

Diego Martins, Etudiant a Northeastern University

La cérémonie a également mis en lumière le premier participant du programme, Diego Martins, étudiant à Northeastern University originaire de Medford.

Spécialisé en analyse de données et en intelligence artificielle appliquée à la santé, il a récemment débuté son apprentissage au sein du système hospitalier.

« Ce programme représente plus qu’une formation. Il représente un partenariat entre l’université et les leaders du secteur de la santé pour préparer de manière responsable une nouvelle génération de professionnels capables d’intégrer l’IA dans les environnements cliniques », a-t-il déclaré.

Diego Martins a souligné que l’intelligence artificielle pourrait améliorer de nombreux aspects du système de santé, notamment l’imagerie médicale, la détection précoce des maladies et l’optimisation des opérations hospitalières.

Il a toutefois insisté sur la nécessité d’un développement éthique des technologies.

« La technologie peut être transformative, mais le cœur du système de santé reste la collaboration entre les personnes, les équipes et les institutions », a-t-il expliqué.

Former les talents de demain

Richard Meiklejohn, co-directeur du Lahey Innovation Hub

Pour Richard Meiklejohn, co-directeur du Lahey Innovation Hub, l’essor rapide de l’intelligence artificielle (IA) rend indispensable la constitution de nouvelles compétences capables d’utiliser ces outils en contexte médical.

« Les outils d’intelligence artificielle sont déjà intégrés dans les systèmes cliniques, dans les outils d’aide à la décision et dans l’analyse de données », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’apprentissage offrira aux étudiants plus de 2 000 heures d’expérience pratique, grâce notamment à un accompagnement et à un mentorat au sein de l’hôpital.

L’objectif est de permettre aux participants de comprendre non seulement les données, mais aussi les besoins des patients et des cliniciens.

Un modèle appelé à se développer

Lara Thomas, directrice de la Division of Apprentice Standards du département du travail et de la main-d’œuvre dans le Massachusetts

La directrice de la Division of Apprentice Standards du département du travail et de la main-d’œuvre dans le Massachusetts, Lara Thomas, a souligné, dans son intervention,  que l’apprentissage enregistré constitue un outil ancien mais toujours pertinent pour structurer la formation de la main-d’œuvre.

« Nous prenons un modèle qui a fait ses preuves dans les métiers traditionnels et nous l’adaptons à de nouveaux secteurs comme la santé et la technologie », a-t-elle déclaré.

Elle a appelé les entreprises et institutions présentes à s’inspirer de cette initiative afin de multiplier les programmes.

« Faisons en sorte que ce premier programme ne soit pas le dernier », a-t-elle martelé pour clôturer la cérémonie ce matin a Lahey Hospital & Medical Center  (Burlington)