Washington, 5 Mars 2026 – InfoHaïti.net – Sources: Press américaine- Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé le 5 mars le remplacement de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, par le sénateur républicain de l’Oklahoma Markwayne Mullin. L’annonce, faite sur la plateforme Truth Social, marque l’un des remaniements les plus importants depuis le début du second mandat présidentiel.
Kristi Noem devrait être nommée « envoyée spéciale pour le Bouclier des Amériques », une initiative régionale de sécurité que l’administration américaine prévoit de présenter prochainement. La nomination de à la tête du U.S. Department of Homeland Security devra toutefois être confirmée par le Sénat.

Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions politiques autour de la politique migratoire de l’administration Trump. Ancienne gouverneure du Dakota du Sud, Kristi Noem dirigeait depuis janvier 2025 le Département de la Sécurité intérieure, institution chargée notamment de la sécurité des frontières, de l’application des lois sur l’immigration et de la coordination de la réponse fédérale aux catastrophes.
Selon plusieurs médias américains, son mandat a été marqué par diverses controverses liées à l’application d’une politique migratoire particulièrement ferme. Les critiques exprimées au Congrès, plusieurs incidents survenus lors d’opérations d’immigration ainsi que des tensions internes à l’administration auraient progressivement affaibli sa position.
Le magazine TIME souligne que la décision présidentielle intervient après une semaine d’auditions particulièrement tendues au Congrès. Les parlementaires ont notamment interrogé Kristi Noem sur la gestion du département et sur une campagne publicitaire gouvernementale de 220 millions de dollars encourageant les migrants en situation irrégulière à quitter volontairement les États-Unis.
TIME rappelle également que le mandat de la secrétaire a été marqué par la mort de deux citoyens américains lors d’opérations d’immigration à Minneapolis, un incident qui a suscité des manifestations et des appels à des enquêtes sur les méthodes des agents fédéraux. À ces controverses se sont ajoutées des tensions budgétaires au Congrès, le financement du département ayant expiré à la mi-février, entraînant une fermeture partielle de certaines agences fédérales.
L’agence Associated Press met l’accent sur la dimension politique du départ de Kristi Noem. Selon l’Associated Press, les critiques visant sa gestion du département se sont intensifiées ces dernières semaines, notamment en ce qui concerne la répression de l’immigration et la gestion des catastrophes.
L’agence souligne que la responsable est le premier membre du cabinet à quitter ses fonctions depuis le début du second mandat de Donald Trump. Son départ intervient après des auditions parlementaires au Capitole au cours desquelles des élus des deux partis ont mis en cause certaines décisions du DHS et l’utilisation de ses ressources financières. L’Associated Press rappelle également que le département faisait face à une fermeture administrative partielle depuis près de vingt jours, situation qui a accru les pressions politiques sur la secrétaire.
Pour sa part, l’agence internationale Reuters insiste sur le rôle central joué par Kristi Noem dans la mise en œuvre de la politique migratoire particulièrement restrictive de l’administration Trump. Selon Reuters, elle était devenue l’une des figures les plus visibles de la stratégie gouvernementale de lutte contre l’immigration clandestine, notamment à travers des opérations d’arrestation menées dans plusieurs grandes villes américaines comme Los Angeles, Chicago ou Washington. L’agence rappelle que la secrétaire a été fortement critiquée après la mort de deux citoyens américains lors d’une opération fédérale à Minneapolis. Dans un premier temps, Kristi Noem avait qualifié les victimes de « terroristes domestiques », une affirmation contestée par la diffusion ultérieure de vidéos.
Ces événements ont suscité une vive réaction politique, certains élus démocrates ayant même engagé une procédure visant à la destituer, tandis que plusieurs responsables républicains ont également appelé à son départ.
Enfin, la chaîne d’information CNN met en avant les tensions internes au sein de la Maison-Blanche et du Parti républicain qui ont précédé cette décision. Selon CNN, le mécontentement s’était progressivement accru parmi certains responsables de l’administration et plusieurs élus républicains concernant la gestion du Département de la Sécurité intérieure par Kristi Noem. Des responsables actuels ou anciens du DHS s’interrogeaient en privé sur la durée de son maintien à la tête du ministère en raison de plusieurs controverses publiques et d’erreurs de gestion.
La chaîne évoque notamment la suspension temporaire du programme de contrôle accéléré TSA PreCheck pendant la période de blocage budgétaire du département, décision qui a été annulée quelques heures plus tard. CNN souligne également que Donald Trump s’est montré irrité par la prestation de la secrétaire lors des auditions parlementaires, en particulier lorsqu’elle a affirmé que la campagne publicitaire controversée du DHS avait été approuvée par le président.
Dans l’ensemble, la presse américaine estime que le remplacement de Kristi Noem résulte d’un ensemble de facteurs politiques, institutionnels et médiatiques. Entre controverses liées à la politique migratoire, critiques parlementaires et tensions internes à l’administration, son mandat à la tête du Département de la Sécurité intérieure s’est progressivement fragilisé, ouvrant la voie à un remaniement considéré comme l’un des plus marquants du second mandat de Donald Trump.





