La Députée fédérale Ayanna Pressley (MA-07) a obtenu ce mercredi à la Chambre des Représentants à Washington un vote décisif en faveur de l’extension du statut de protection temporaire pour Haïti

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Ayanna Pressley, Députée fédérale (MA-07)

Washington, 15 avril 2026 – InfoHaïti.net (Sources : Note de Presse et médias américains) –  La Chambre des représentants des États-Unis a franchi ce mercredi une étape décisive vers la prolongation du statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens, à la faveur d’un vote procédural rare marquant une rupture partielle avec la ligne migratoire défendue par l’administration de Donald Trump.

À l’initiative de la représentante démocrate du Massachusetts (MA-07), Ayanna Pressley, co-présidente du caucus sur Haïti à la Chambre, les élus ont approuvé par 219 voix contre 209 une motion dite de « discharge petition », permettant de contourner la direction républicaine et de soumettre directement au vote une proposition de loi visant à prolonger le TPS (Statut de Protection Temporaire) pour Haïti jusqu’en avril 2029. L’adoption finale du texte est attendue demain jeudi.

Une coalition bipartisane inhabituelle

Ce vote constitue un fait notable dans le contexte politique actuel : plusieurs élus républicains se sont joints aux démocrates pour faire avancer le texte, défiant ainsi la position de la Maison-Blanche en matière d’immigration. Au total, six républicains ont voté aux côtés de 212 démocrates et d’un indépendant, atteignant le seuil requis de 218 voix. Il s’agit de María Elvira Salazar (Floride), Brian Fitzpatrick (Pennsylvanie), Michael Lawler (New York), Don Bacon (Nebraska), Carlos Giménez (Floride) et Nicole Malliotakis (New York).

La proposition de loi vise à maintenir pendant trois ans les protections dont bénéficient environ 350 000 Haïtiens vivant aux États-Unis. Le programme TPS s’adresse aux ressortissants de pays confrontés à des crises majeures, telles que des conflits armés ou des catastrophes naturelles.

Enjeux économiques et humanitaires

Plusieurs élus ont souligné les conséquences potentielles d’une suppression du dispositif. Le républicain Michael Lawler a mis en garde contre un impact direct sur le système de santé, notamment dans les régions où de nombreux bénéficiaires haïtiens du TPS exercent comme infirmiers ou infirmières..

« Si vous mettez fin à ces protections sans solution pour les autorisations de travail, cela provoquera une crise majeure dans notre système de santé », a-t-il déclaré.

Même tonalité chez certains élus républicains, dont Nicole Malliotakis, qui a évoqué les besoins pressants des maisons de retraite en personnel soignant. « Ce sont des travailleurs qui paient leurs impôts et répondent à un besoin essentiel », a-t-elle affirmé, jugeant leur expulsion « inhumaine et malavisée ».

Pression des milieux économiques

Les organisations patronales et les acteurs du secteur de la santé ont également plaidé en faveur du maintien du programme. Rebecca Shi, dirigeante de l’American Business Immigration Coalition, a estimé que « la réalité économique commence à s’imposer face aux blocages partisans », soulignant la dépendance de certains secteurs à cette main-d’œuvre.

L’administration Trump avait annoncé en juin la fin du TPS pour les Haïtiens, estimant que les conditions en Haïti s’étaient améliorées depuis sa mise en place après le séisme de 2010. Une décision contestée en justice et actuellement examinée par la Cour suprême, qui doit entendre les arguments le 29 avril.

Pour Ayanna Pressley, l’enjeu dépasse le seul cadre migratoire : « Ces 350 000 ressortissants haïtiens sont nos voisins. Ils font partie intégrante de nos communautés », a-t-elle déclaré.