La Chambre adopte le maintien du Statut de protection temporaire pour 350 000 Haïtiens, une initiative lancée par la Députée fédérale (MA-07) Ayanna Pressley

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La Députée fédérale (MA-07) Ayanna Pressley ce 16 Avril à la Chambre des Représentants

Washington – 16 Avril, 2026 – InfoHaïti.net  – La Chambre des représentants des États-Unis a adopté jeudi un projet de loi visant à prolonger le Statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens, dans un rare moment de coopération bipartisane marqué par une opposition directe à la politique migratoire du président Donald Trump.

Le texte, soutenu par les démocrates et une poignée de républicains malgré les réticences de la direction du parti, prévoit une extension de trois ans de ce dispositif. Il permettrait à environ 350 000 Haïtiens vivant légalement aux États-Unis de rester sur le territoire sans craindre une expulsion. Le vote, acquis par 224 voix contre 204, a été salué par des applaudissements dans l’hémicycle.

Parmi les principales promotrices de cette initiative figure la représentante démocrate du Massachusetts Ayanna Pressley, coprésidente du Caucus Haïti à la Chambre. Elle a insisté sur le rôle essentiel des Haïtiens dans la société américaine, évoquant leur contribution dans des secteurs clés tels que la santé, la construction ou encore les services. « Ils ne sont pas le problème, bien au contraire, ils font partie de la solution », a-t-elle déclaré, mettant en garde contre les conséquences humaines d’un retour forcé vers Haïti, qu’elle a qualifié de « condamnation à mort » en raison de l’insécurité, des catastrophes naturelles et de la violence des gangs.

Dix élus républicains, souvent issus de circonscriptions comptant une importante population haïtienne, ont rejoint l’ensemble des démocrates pour soutenir le texte. La représentante démocrate de New York Laura Gillen, à l’origine du projet avec le républicain Mike Lawler, a dénoncé « des conditions mortelles et dangereuses » en Haïti, estimant que des vies étaient en jeu.

Ce vote intervient alors que la Cour suprême des États-Unis doit examiner prochainement une procédure accélérée susceptible de remettre en cause le TPS pour plusieurs nationalités, dont les Haïtiens. L’administration Trump cherche en effet à mettre fin à ces protections dans le cadre d’une politique migratoire plus restrictive, visant notamment à intensifier les expulsions.

Créé après le séisme dévastateur de 2010, le TPS pour Haïti a été prolongé à plusieurs reprises. Le Département d’État américain continue de déconseiller formellement tout voyage dans le pays, en raison des risques élevés liés à l’insécurité, aux enlèvements et aux troubles civils.

Après son adoption par la Chambre des représentants, le texte doit désormais être examiné par le Sénat. S’il est adopté dans des termes identiques par les deux chambres du Congrès, il sera ensuite transmis au président pour promulgation ou veto. En cas de désaccord entre la Chambre et le Sénat, une commission de conciliation pourrait être convoquée afin d’élaborer une version commune du projet de loi.