Dorchester (Boston, Etats-Unis), 29 août 2026 – InfoHaïti.net – Réunis samedi à Boston autour du sénateur démocrate Ed Markey, plusieurs figures du camp progressiste américain ont appelé les électeurs à se mobiliser contre les politiques de l’administration Donald Trump et à défendre une majorité démocrate au Congrès. Le sénateur Markey est opposé au représentant démocrate du Massachusetts Seth Moulton lors de la primaire démocrate prévue le 1er septembre.
La hausse du coût de la vie, les difficultés d’accès au logement et aux soins, les inégalités économiques et la défense des droits démocratiques ont dominé les interventions d’Elizabeth Warren, Bernie Sanders, Ayanna Pressley et Andrea Campbell, qui ont présenté M. Markey comme un allié déterminé des travailleurs et des populations vulnérables.
Organisé dans les locaux du syndicat des électriciens IBEW Local 103, le rassemblement « Power to the People » visait également à mobiliser les électeurs à quelques jours du scrutin. Les intervenants ont appelé à transformer les préoccupations liées à la situation économique et politique en participation électorale, faisant de la primaire du 1er septembre une étape importante dans la perspective d’une reconquête du Congrès par les démocrates.

La vie chère au centre des préoccupations
La sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren a placé le pouvoir d’achat au cœur de son intervention, reprochant à Donald Trump de ne pas avoir tenu sa promesse de réduire les prix dès son retour à la Maison-Blanche.
« Les coûts sont en hausse, en hausse, en hausse », a-t-elle lancé, citant les produits alimentaires, l’essence, le logement, les soins de santé et les services publics.
Pour Mme Warren, la réponse passe notamment par la suppression des droits de douane imposés par l’administration Trump, la relance de l’éolien offshore et le renforcement des droits syndicaux. Elle a également défendu l’élargissement de la couverture médicale, jusqu’à la perspective d’un système universel de type « Medicare for All ».
La sénatrice a associé cette crise du pouvoir d’achat à la concentration des richesses et à l’influence croissante des grandes fortunes sur la vie politique américaine. Elle a appelé les démocrates à faire de la lutte contre la corruption un autre axe majeur de leur campagne.

Sanders dénonce les inégalités
Bernie Sanders a élargi le débat aux difficultés structurelles auxquelles sont confrontées les classes populaires et moyennes. Le sénateur du Vermont a dénoncé une concentration croissante des revenus et du patrimoine, alors que de nombreux ménages peinent à financer leur logement, leur alimentation ou leurs soins.
« Le statu quo politique et les politiques du statu quo ne fonctionnent pas pour les familles qui travaillent », a-t-il déclaré.
Sanders a notamment plaidé pour un salaire minimum porté à 20 dollars de l’heure, une fiscalité plus importante sur les grandes fortunes et la mise en place d’un système de santé universel.
Il a également proposé de supprimer le plafond des cotisations à la Social Security pour les plus hauts revenus, afin de renforcer le financement du système public de retraite et d’améliorer les prestations.
Le sénateur Sanders a par ailleurs établi un lien entre les difficultés économiques des ménages et les priorités budgétaires de Washington, appelant à réduire les dépenses consacrées aux « guerres sans fin » au profit des besoins sociaux.
Une critique politique et institutionnelle de Trump
Au-delà des questions économiques, les intervenants ont vivement critiqué Donald Trump, accusé de favoriser les grandes fortunes et de fragiliser les institutions démocratiques.
Bernie Sanders a décrit le président américain comme « le plus dangereux » de l’histoire des Etats-Unis, lui reprochant de ne pas respecter, selon lui, la Constitution et l’Etat de droit.
Elizabeth Warren a également dénoncé les liens qu’elle considère comme trop étroits entre le pouvoir politique, les grandes entreprises et les intérêts financiers.
Pour les deux sénateurs, la conquête d’une majorité démocrate ne constitue toutefois qu’un moyen : elle doit permettre l’adoption de politiques économiques et sociales davantage tournées vers les travailleurs.

Adrea Campbell défend les droits et les bénéficiaires du TPS
La procureure générale du Massachusetts, Andrea Campbell, a principalement mis en avant le combat judiciaire mené contre l’administration fédérale.
Elle a affirmé que son bureau avait engagé plus de 60 procédures contre l’administration Trump, dont plusieurs auraient abouti à des victoires judiciaires.
Mme Campbell a également souligné le rôle d’Ed Markey dans la défense du droit de vote, de la liberté reproductive et des bénéficiaires du statut de protection temporaire (TPS).
Elle a notamment cité le cas des Haïtiens bénéficiant de ce statut, affirmant que le sénateur s’était opposé à toute remise en cause de leur présence aux Etats-Unis.
« Lorsque le gouvernement fédéral a affirmé que les bénéficiaires du TPS n’avaient pas leur place aux États-Unis, Ed Markey s’est fermement opposé à cette position, la jugeant injuste et inacceptable », a-t-elle déclaré.
La procureure générale a présenté M. Markey comme un élu constant, affirmant qu’il n’avait jamais cédé aux pressions des entreprises ou des milliardaires.

Pressley : le gouvernement doit « alléger le fardeau »
Ayanna Pressley a davantage insisté sur les conséquences concrètes des politiques publiques pour les familles.
Elle a évoqué les enfants dépendant des repas scolaires, les ménages confrontés à leurs factures d’électricité, les parents ayant besoin de services de garde et les familles immigrées menacées de séparation.
« Le travail du gouvernement devrait alléger le fardeau et ouvrir la porte », a-t-elle déclaré.
La Députée fédérale pour le Massachusetts-07 a également insisté sur la nécessité pour le Massachusetts d’être représenté à Washington par des élus capables de défendre leurs convictions dans la durée.
Elle a décrit Ed Markey comme un responsable politique « constant » et « fidèle » à ses engagements, estimant que les enjeux du scrutin dépassaient largement les prochaines années.

Markey appelle à « rendre le pouvoir au peuple »
Ed Markey a présenté la campagne comme un affrontement entre les intérêts des travailleurs et ceux des grandes fortunes.
Il a dénoncé l’influence de l’argent privé dans la compétition électorale, affirmant que des groupes liés à des intérêts financiers tentaient d’influencer le scrutin.
« Leur argent ne pourra pas vaincre nos mouvements. Le peuple sera toujours plus fort que l’argent », a-t-il lancé.
Le sénateur a défendu un programme comprenant notamment le logement abordable, la gratuité des transports publics, l’accès gratuit aux universités publiques, la couverture médicale universelle, le développement des énergies renouvelables et le renforcement des droits syndicaux.
Il a également réaffirmé son soutien aux bénéficiaires du TPS et aux communautés immigrées, ainsi que son opposition aux politiques de l’administration Trump en matière d’immigration.
Sur le climat, il a défendu une accélération de la transition énergétique, qu’il associe à la création d’emplois syndiqués. Sur la politique étrangère, il a appelé à mettre fin aux « guerres sans fin » et à réduire les dépenses militaires.
Un scrutin présenté comme décisif
Au-delà de la réélection d’Ed Markey, les orateurs ont présenté le scrutin comme un moment déterminant pour l’avenir du mouvement progressiste américain.
Ayanna Pressley a estimé que les décisions prises aujourd’hui pourraient avoir des conséquences pendant « les cent prochaines années ». Bernie Sanders et Elizabeth Warren ont appelé à construire une majorité démocrate capable de répondre aux difficultés économiques et sociales des classes populaires.
Ed Markey a finalement exhorté ses partisans à convertir leur mobilisation en votes.
« Nous ne pouvons pas simplement nous lamenter, nous devons nous organiser », a-t-il déclaré, appelant à reprendre la Chambre des représentants et le Sénat afin de « rendre le pouvoir au peuple ».





