Assassinat du président haïtien Jovenel Moïse : Joseph Félix Badio et 17 Colombiens transférés aux États-Unis

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Port-au-Prince, 21 septembre 2026-InfoHaïti.net — Joseph Félix Badio, considéré comme l’un des principaux suspects dans l’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, et 17 anciens militaires colombiens détenus en Haïti ont été transférés dimanche vers les États-Unis, marquant une nouvelle étape dans cette affaire vieille de plus de cinq ans.

Les 18 hommes ont été embarqués à bord d’un avion militaire américain arrivé à Port-au-Prince en fin de matinée, avant d’être conduits en Floride. Ils doivent comparaître devant la justice fédérale du district sud de la Floride.

Le ministère haïtien de la Justice et de la Sécurité publique a indiqué assumer la responsabilité de cette décision. Dans un communiqué, il a précisé que la remise des détenus aux autorités américaines avait été autorisée sur instruction du gouvernement, à la demande de la justice américaine et conformément aux mécanismes d’extradition en vigueur entre les deux pays.

Selon le ministère, cette mesure doit permettre aux personnes transférées d’être jugées aux États-Unis et contribuer à l’avancement des procédures liées à l’assassinat du président Jovenel Moïse, tué dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 à sa résidence privée à Pétion-Ville.

Le transfert concerne notamment Joseph Félix Badio, ancien fonctionnaire de l’État haïtien, dont le rôle présumé dans la préparation de l’opération constitue l’un des volets centraux de l’enquête.

Cette décision marque une nouvelle évolution internationale dans le traitement judiciaire de l’affaire, mais ravive également les interrogations sur l’état de la procédure en Haïti.

Plus de cinq ans après l’assassinat du chef de l’État, aucun procès n’a encore été organisé en Haïti. La justice haïtienne, fragilisée par l’insécurité, l’instabilité politique et les dysfonctionnements institutionnels, peine toujours à mener la procédure à son terme.

Alors que les autorités américaines poursuivent leurs investigations et que les 18 détenus sont désormais placés sous la responsabilité de la justice fédérale, le volet haïtien du dossier reste confronté à de profondes difficultés.