Dorchester (Massachusetts), 21 septembre 2026 |InfoHaïti.net – La ville de Boston, la Commission de santé publique de Boston (BPHC) et l’Université du Massachusetts à Boston ont annoncé lundi matin un partenariat destiné à offrir aux étudiants du département de santé publique urbaine une expérience professionnelle de terrain, avant de leur confier des actions d’éducation sanitaire dans trois lycées de la ville.
L’annonce a été faite sur le campus de l’université publique UMass Boston, dans le quartier de Dorchester, au cours d’une cérémonie à laquelle ont notamment participé les conseillers municipaux Ruthzee Louijeune, élue at-large, et John Fitzgerald, représentant le district 3. L’initiative, destinée à la première promotion d’étudiants de dernière année de ce cursus, vise à former une nouvelle génération de professionnels davantage représentative de la diversité de la population et mieux préparée aux réalités sanitaires des milieux urbains.

Le chancelier de cette institution universitaire, Dr Marcelo Suárez-Orozco, a présenté cette coopération comme le prolongement de la mission du département de santé publique urbaine, créé en 2022 afin de placer les questions d’équité au cœur de l’enseignement et de la recherche. Selon lui, le programme doit bénéficier à la fois aux étudiants, au système de santé et aux habitants de Boston, grâce à une meilleure prise en compte des déterminants sociaux de la santé ainsi que des disparités raciales et ethniques. « Cette initiative sera bénéfique pour notre système de santé, en permettant aux professionnels en début de carrière d’être bien formés, accompagnés et préparés à réussir », a-t-il déclaré, estimant que les habitants pourraient ainsi bénéficier d’une éducation sanitaire et d’une prise en charge « plus intelligentes et plus humaines ».

La maire de Boston, Michelle Wu, a de son côté salué le rôle de UMass Boston, qu’elle a décrite comme l’une des principales institutions publiques de recherche du pays et comme un partenaire essentiel de la municipalité. Dans un contexte marqué par les incertitudes budgétaires et les pressions exercées sur les collectivités locales, l’élue démocrate a insisté sur la nécessité de protéger les politiques existantes tout en développant de nouvelles formes de coopération. « Représenter l’esprit de Boston, c’est tenir bon, protéger ce que nous avons construit, renforcer nos communautés et trouver des moyens novateurs d’aller plus vite et plus loin », a-t-elle affirmé.
Michelle Wu a également souligné l’importance de préserver la place de Boston parmi les principaux pôles mondiaux de recherche médicale et de santé publique. Elle a évoqué la nécessité de défendre les financements fédéraux accordés par les National Institutes of Health (NIH), tout en développant des filières permettant aux jeunes issus de l’ensemble des communautés de la ville d’accéder aux métiers de la santé. « Pour continuer à jouer un rôle de premier plan dans les soins et la santé publique, nous devons réduire les disparités au sein de nos communautés et investir dans la prochaine génération de dirigeants », a-t-elle déclaré.
La maire a enfin expliqué que les étudiants de l’UMass Boston recevraient une formation dispensée par des professionnels de la BPHC avant de transmettre leurs connaissances aux lycéens. Ils seront notamment chargés d’enseigner, d’accompagner les élèves et de diffuser des informations sanitaires dans plusieurs quartiers de Boston. « C’est un nouvel exemple de notre capacité à réunir les personnes les plus compétentes pour résoudre les problèmes les plus importants auxquels nos communautés sont confrontées », a-t-elle estimé. Michelle Wu a présenté ce dispositif comme l’illustration de partenariats susceptibles de produire des résultats concrets, « classe après classe, communauté après communauté ».

La commissaire à la santé publique de Boston, la Dre Bisola Ojikutu, a replacé cette annonce dans un contexte national difficile pour le secteur. Elle a notamment évoqué la réduction des financements fédéraux, l’instabilité institutionnelle ainsi que les difficultés persistantes de recrutement et de fidélisation du personnel. Ces obstacles surviennent, a-t-elle relevé, alors que les autorités sanitaires doivent faire face aux maladies infectieuses, aux troubles liés à la consommation de substances, à l’augmentation des besoins en santé mentale et à la persistance de profondes inégalités. « Ce n’est pas le moment pour nos institutions de se replier chacune dans son coin. C’est le moment d’unir nos forces », a-t-elle déclaré.
La Dre Ojikutu a précisé que le partenariat avec UMass Boston constituait l’une des premières initiatives consacrées à la formation professionnelle dans le cadre de Boston SPHERE — Strengthening Public Health-Academic Partnerships in Education, Research, and Equity. Cette coalition rassemble plus de 30 établissements du Grand Boston, parmi lesquels des universités, des collèges communautaires, des centres de recherche et des centres hospitaliers universitaires. Elle entend rapprocher la recherche universitaire des réalités de terrain, favoriser l’émergence d’une main-d’œuvre reflétant la diversité de la population et traduire les avancées scientifiques en interventions concrètes.
Les étudiants sélectionnés suivront, au cours du semestre d’automne, une formation portant notamment sur la santé des adolescents, l’éducation sanitaire, l’animation de groupes, la mobilisation communautaire et les pratiques de santé publique. Au printemps, sous la supervision de la BPHC, ils interviendront dans les lycées Roxbury Prep, Boston Prep et Academy of the Pacific Rim afin d’y proposer un enseignement fondé sur des données scientifiques et adapté aux réalités culturelles des élèves. « Vous n’êtes pas seulement l’avenir de la santé publique : vous êtes déjà en train de façonner cet avenir », a lancé la Dre Ojikutu aux étudiants, soulignant que Boston avait besoin de leurs connaissances, de leurs perspectives et de leur capacité à exercer des responsabilités.
Gabriela Gonzalez, étudiante en dernière année et membre de la première promotion du département de santé publique urbaine de Umass-Boston, a décrit cette initiative comme une occasion de transformer les connaissances universitaires en actions concrètes au service de la population. Elle a rappelé que les étudiants seraient notamment formés à dispenser un enseignement sur la santé sexuelle et relationnelle qui soit médicalement rigoureux, équitable et complet. Selon elle, la santé publique permet de transformer l’information en capacité d’action, tandis que la BPHC offre aux étudiants un cadre dans lequel ce travail peut commencer auprès des jeunes de Boston. Se disant particulièrement enthousiaste, elle a assuré que ses camarades et elle étaient prêts à apprendre auprès des professionnels et à mettre leurs compétences au service de la collectivité.





