Tuesday, July 23, 2024
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ELECTIONS EUROPEENNES DU 9 JUIN : LA MONTEE DE L’EXTREME-DROITE ENTRAINE UN SEISME POLITIQUE EN FRANCE ET EN BELGIQUE

Entretien avec le professeur Serge Banyongen (Phd), professeur à l’Université d’Ottawa au Canada.

Brockton (Massachusetts) – PAR YVES CAJUSTE – Les élections européennes du dimanche 9 juin 2024 ont marqué un changement sismique dans le paysage politique du continent, les partis d’extrême droite réalisant des gains significatifs dans plusieurs pays … Cette tournure dramatique des événements a provoqué une onde de choc au sein de l’establishment politique, notamment en France, en Allemagne et en Belgique.

Les résultats ont mis en évidence un mécontentement croissant parmi les électeurs sur des questions telles que l’immigration, la hausse du coût de la vie et l’insécurité. En France, le Rassemblement National de Marine Le Pen conduit par le jeune Jordan Bardella (28 ans) est sorti clairement vainqueur, recueillant une part des voix sans précédent (31,5% ). Le succès retentissant du parti d’extrême droite a entraîné un bouleversement politique immédiat. Face à une pression croissante et à un parlement profondément divisé, le président Emmanuel Macron a pris la mesure extraordinaire de dissoudre l’Assemblée nationale. Il a appelé à la tenue d’élections législatives anticipées les 30 juin et 7 juillet, dans l’espoir de rétablir la stabilité et de répondre plus efficacement aux préoccupations du peuple français.

L’Allemagne a également connu un changement significatif avec l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) qui gagne du terrain. Le succès du parti reflète un mécontentement généralisé à l’égard de la gestion par le gouvernement des questions d’immigration et économiques. Le résultat des élections a posé un défi au chancelier Olaf Scholz, qui fait désormais face à des pressions croissantes pour adopter des politiques d’immigration plus strictes et répondre aux préoccupations économiques qui ont alimenté la montée de l’extrême droite.

En Belgique, les résultats des élections ont conduit à une crise politique alors que le Vlaams Belang d’extrême droite a réalisé des progrès significatifs, notamment en Flandre. Le Premier ministre belge, Alexander De Croo, a démissionné suite à ces élections, reconnaissant le message clair de mécontentement des électeurs à l’égard du gouvernement actuel. Sa démission a plongé le pays dans une période d’incertitude alors que les dirigeants politiques se démènent pour former un nouveau gouvernement capable de résoudre les problèmes qui ont poussé les électeurs aux urnes.

Les trois principales questions qui ont retenu l’attention des électeurs de ces pays étaient l’immigration, la hausse du coût de la vie et l’insécurité. Les partis d’extrême droite ont réussi à capitaliser sur les craintes et les frustrations du public liées à ces questions, en promettant des contrôles d’immigration plus stricts, des réformes économiques et des mesures de sécurité renforcées. Leur message a trouvé un public réceptif parmi les électeurs qui se sentaient négligés par les partis politiques traditionnels et déçus par le statu quo.

La montée des partis d’extrême droite au Parlement européen aura probablement des conséquences considérables sur la politique nationale en France, en Allemagne et en Belgique. En France, les prochaines élections législatives pourraient consolider davantage le pouvoir du Rassemblement national, ce qui pourrait conduire à des changements importants dans les politiques intérieures. En Allemagne, l’influence accrue de l’AfD pourrait pousser les principaux partis à adopter des positions plus conservatrices en matière d’immigration et de sécurité. La Belgique est confrontée au défi de la fragmentation politique et à la nécessité de remédier aux disparités régionales exacerbées par les résultats des élections.

Au-delà de la politique nationale, la montée des partis d’extrême droite constitue une menace pour la cohésion et l’unité de l’Union européenne. Leur forte présence au Parlement européen devrait compliquer les processus décisionnels, notamment sur les questions liées à l’immigration, à l’intégration européenne et aux politiques économiques. Les agendas nationalistes et eurosceptiques de l’extrême droite risquent d’entrer en conflit avec les positions plus pro-européennes des autres États membres, conduisant à une polarisation accrue au sein de l’UE.

Les conséquences géopolitiques de ce changement politique s’étendent au-delà de l’Europe. Les relations transatlantiques pourraient être affectées dans la mesure où les pays européens ayant une influence significative d’extrême droite pourraient adopter des politiques plus isolationnistes et protectionnistes. Cela pourrait entraîner des tensions avec les États-Unis et d’autres partenaires mondiaux, compromettant potentiellement la coopération sur des questions cruciales telles que le commerce, la sécurité et le changement climatique.

Entretien avec le professeur Serge Banyongen (Phd), professeur à l’Université d’Ottawa au Canada.

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