Washington, 2 octobre 2026 – InfoHaïti.net –La représentante démocrate du Massachusetts Ayanna Pressley a pris la parole vendredi au Congrès pour renouveler ses mises en garde sur la détérioration du marché du travail, notamment pour les Américains noirs, dont le taux de chômage a bondi à 7 % en septembre. Elle a également plaidé pour le maintien de l’objectif de « maximum d’emploi » parmi les missions de la Réserve fédérale (Fed).
Membre de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants, l’élue du 7e district du Massachusetts estime que la Fed doit conserver la lutte contre le chômage parmi ses missions fondamentales et accorder une attention particulière aux disparités raciales persistantes sur le marché du travail. Elle s’est également opposée à une initiative républicaine visant à retirer l’objectif de maximum d’emploi du mandat de la banque centrale.
Les données publiées vendredi par le Bureau of Labor Statistics (BLS) viennent ainsi replacer au premier plan le débat soulevé par Mme Pressley lors d’une intervention devant la commission des Services financiers de la Chambre des représentants. L’économie américaine n’a créé que 29.000 emplois en septembre, tandis que le taux de chômage national est passé de 4,1 % à 4,2 %. Surtout, le chômage des travailleurs noirs a bondi de 6 % à 7 % en un mois, contre 3,6 % chez les travailleurs blancs.
Cette évolution intervient dans une économie qui continue de croître, mais dont plusieurs indicateurs témoignent d’un ralentissement du marché du travail. Le PIB réel a progressé de 2,2 % en rythme annualisé au deuxième trimestre, tandis que l’inflation mesurée par l’indice des dépenses de consommation personnelle (PCE) atteignait 3,4 % sur un an en août. Le BLS a en outre révisé à la baisse de 60.000 emplois au total les créations des deux mois précédents.
C’est précisément sur le risque d’une telle dégradation de l’emploi que Mme Pressley avait centré son intervention devant le Congrès. Membre de la commission des Services financiers, elle sóppose à une initiative républicaine visant à retirer l’objectif de maximum d’emploi du mandat de la Réserve fédérale. Pour la parlementaire démocrate, réduire les responsabilités de la banque centrale en matière d’emploi au moment où le marché du travail montre des signes de fragilité constituerait une mauvaise réponse à la situation économique.
« Nous avons besoin que la Fed en fasse davantage, pas moins », a-t-elle déclaré.
Mme Pressley a notamment attiré l’attention sur la situation des travailleurs noirs, estimant que leur exposition plus rapide aux retournements du marché du travail devait être considérée comme un avertissement pour l’ensemble de l’économie.
« Les travailleurs noirs sont souvent les premiers touchés lorsque le marché de l’emploi se dégrade. Ce qui les affecte aujourd’hui peut ensuite toucher l’ensemble des travailleurs », a-t-elle affirmé.
La hausse d’un point du chômage des Noirs en septembre donne aujourd’hui une résonance particulière à cet avertissement. Alors que le taux national n’a progressé que de 0,1 point, celui des travailleurs noirs a enregistré une augmentation dix fois plus importante en termes de points de pourcentage sur le mois. À 7 %, il est désormais presque deux fois supérieur au taux de 3,6 % observé parmi les travailleurs blancs.
Dans son discours, Mme Pressley ne s’ést toutefois pas limitée aux disparités raciales. Elle avait développé une défense plus générale du double mandat de la Fed, qui consiste à rechercher le maximum d’emploi tout en assurant la stabilité des prix.
« Maximiser l’emploi est bon pour notre économie, pour nos communautés et pour nos familles », a-t-elle déclaré.
Au cœur du débat se trouve le double mandat de la Réserve fédérale : contenir l’inflation tout en favorisant le maximum d’emploi. Mme Pressley s’oppose à une proposition républicaine visant à supprimer ce second objectif.
L’élue du Massachusetts a rappelé le rôle joué par la Fed lors de la crise financière de 2008 et pendant la pandémie de Covid-19, deux périodes marquées par de lourdes pertes de postes. Pour elle, la remontée actuelle du chômage montre que la banque centrale doit continuer à surveiller étroitement le marché du travail dans la conduite de sa politique monétaire.
Mais Mme Pressley a surtout insisté sur les conséquences du chômage dans la vie quotidienne des Américains.
« Avoir un emploi n’est pas une statistique. C’est essentiel. C’est une question de dignité », a-t-elle déclaré.
Évoquant son parcours, elle a raconté avoir commencé à gagner sa vie dès l’adolescence pour aider sa famille. Elle a également cité les jeunes qui débutent leur vie professionnelle, les nouveaux diplômés qui espèrent acheter un logement ou créer une entreprise et les personnes âgées contraintes de rester en activité pour payer leurs factures ou leurs médicaments.
Ayanna Pressley a par ailleurs mis en cause certaines politiques de l’administration Trump, notamment les suppressions de postes dans l’administration fédérale et des mesures qui, selon elle, pénalisent les petites entreprises.
Les données du Bureau of Labor Statistics (BLS) permettent de mesurer l’évolution du marché du travail, mais n’établissent pas de lien direct entre ces politiques et la hausse du chômage.
Au Congrès, la démocrate défend également plusieurs textes dans ce domaine. Avec sa collègue Summer Lee, elle a présenté le Better Labor Statistics Act, destiné à garantir la publication régulière de données détaillées sur le chômage. Elle a aussi réintroduit une résolution en faveur d’une garantie fédérale d’emploi.





