TPS : la Gouverneure du Massachusetts Maura Healey appelle le Sénat américain prolonger la protection accordée aux Haïtiens

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Gouverneure Maura Healey ( Emily-Boyle-Governors-Press-Office- 2026)

Boston (State House) – 27 Juillet 2026 , InfoHaïti.net – (Source: Note de Presse)  — La gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, a appelé le Sénat américain à adopter sans délai une proposition de loi prolongeant le statut de protection temporaire (TPS) dont bénéficient les ressortissants haïtiens. Le texte a déjà été approuvé par la Chambre des représentants, selon un communiqué aujourd’hui publié par les services de la gouverneure.

Cette protection doit expirer lundi, après une décision de la Cour suprême ouvrant la voie au projet de l’administration du président Donald Trump d’y mettre fin. Le TPS avait été accordé aux ressortissants haïtiens en 2010, à la suite du séisme dévastateur qui avait frappé leur pays.

Maura Healey a insisté sur la place occupée par les bénéficiaires haïtiens de ce dispositif dans l’économie du Massachusetts, en particulier dans les secteurs de la santé, des soins de longue durée, des transports, de l’hôtellerie et de la construction. Selon elle, la perte soudaine de leur statut légal et de leur autorisation de travail aura des conséquences majeures pour les familles concernées, mais aussi pour les employeurs, les administrations et les services essentiels de l’État.

« Les bénéficiaires haïtiens du TPS apportent une contribution essentielle à la main-d’œuvre de notre État et occupent des postes indispensables à notre stabilité et à notre croissance économiques », a déclaré la gouverneure. « La perte soudaine de leur statut légal et de leur autorisation de travail serait dévastatrice pour notre État. »

La gouverneure a également appelé le Congrès à prendre en considération la profonde crise politique, économique et sécuritaire que traverse Haïti.

« Contraindre les bénéficiaires haïtiens du TPS à retourner dans un pays confronté à des catastrophes naturelles répétées, à une crise économique, à une violence généralisée et à une instabilité politique va à l’encontre de la finalité même de ce statut », a-t-elle estimé.

Le TPS permet aux ressortissants de pays frappés par un conflit armé, une catastrophe naturelle ou d’autres circonstances exceptionnelles de résider et de travailler temporairement aux États-Unis lorsqu’un retour dans leur pays est considéré comme dangereux.

Plus de 45 000 bénéficiaires haïtiens de ce statut vivent dans le Massachusetts. Ils exercent notamment comme infirmiers, aides à domicile, aides-soignants certifiés, techniciens, ouvriers du bâtiment, employés de l’hôtellerie et travailleurs du secteur des transports.

À l’échelle nationale, les titulaires haïtiens du TPS contribueraient chaque année à hauteur de 5,9 milliards de dollars à l’économie américaine. Toutes nationalités confondues, les bénéficiaires de ce dispositif généreraient environ 29 milliards de dollars d’activité économique par an et verseraient près de 7,8 milliards de dollars d’impôts fédéraux, étatiques et locaux.

Le secteur de la santé confronté à d’importantes répercussions

La suppression de cette protection pourrait avoir des répercussions particulièrement importantes sur le système de santé du Massachusetts, déjà confronté à des pénuries persistantes de personnel.

Selon la Massachusetts Senior Care Association, jusqu’à 2 000 salariés travaillant dans les établissements membres de l’organisation pourraient perdre leur autorisation de travail si le TPS n’était pas prolongé. Une telle évolution risquerait d’accentuer les difficultés rencontrées par les structures de soins de longue durée, notamment celles accueillant des personnes âgées.

Maura Healey avait déjà demandé au département américain de la Sécurité intérieure de prolonger le statut accordé aux Haïtiens. Elle avait notamment souligné le rôle de ces travailleurs dans le fonctionnement de l’économie, des services de santé et des établissements de soins du Massachusetts.

La gouverneure a également réuni des responsables d’entreprise afin d’examiner les conséquences des politiques migratoires de l’administration Trump, dont la suppression du TPS, sur les employeurs et l’économie de l’État.

Après la décision de la Cour suprême ( au mois de Juin) autorisant le président américain à mettre fin à cette protection, Mme Healey avait participé à une conférence de presse aux côtés de la procureure générale du Massachusetts, Andrea Joy Campbell, et de plusieurs responsables communautaires pour réclamer le maintien du dispositif.

L’administration Healey-Driscoll a, par ailleurs, fourni des informations, des conseils et des formations à plusieurs centaines d’employeurs. Elle a également demandé aux organismes publics de l’État d’accompagner les travailleurs, les entreprises et les collectivités susceptibles d’être touchés, tout en poursuivant ses démarches en faveur d’une intervention du gouvernement fédéral.

De son côté, United Way of Massachusetts Bay a activé son United Response Fund, un fonds destiné à soutenir les organisations communautaires qui fournissent une aide d’urgence aux familles haïtiennes et aux autres ménages concernés par l’expiration du TPS.

Un large soutien des secteurs politique et économique

L’appel de la gouverneure a reçu le soutien de plusieurs élues démocrates du Massachusetts, parmi lesquelles la sénatrice Elizabeth Warren, Katherine Clark, responsable de la discipline de vote du groupe démocrate à la Chambre des représentants, et la Député fédérale (MA-07)  Ayanna Pressley.

Elizabeth Warren a souligné l’importance de la communauté haïtienne dans la vie économique et sociale du Massachusetts, rappelant que ses membres dirigent des petites entreprises, travaillent dans les hôpitaux et participent pleinement à la vie des collectivités locales. Elle a dénoncé la perspective de voir des immigrés installés légalement aux États-Unis renvoyés vers un pays où leur sécurité pourrait être menacée.

Katherine Clark a, pour sa part, décrit les bénéficiaires du TPS comme des acteurs essentiels des communautés locales, parmi lesquels figurent des enseignants, des soignants, des entrepreneurs et des responsables associatifs. Elle a appelé le Congrès à agir immédiatement afin de prolonger la protection des quelque 45 000 Haïtiens concernés dans le Massachusetts.

Ayanna Pressley, dont la proposition de loi bipartisane visant à prolonger le TPS pour Haïti a été adoptée par la Chambre des représentants en avril dernier, a exhorté le Sénat à approuver à son tour le texte. Elle a également salué l’engagement de Maura Healey en faveur de la communauté haïtienne.

Plusieurs représentants du monde économique et du secteur de la santé ont également apporté leur soutien à la démarche de la gouverneure.

Bob Rivers, président exécutif et président du Conseil d’administration d’Eastern Bankshares et d’Eastern Bank, a averti que la perte de milliers de travailleurs bénéficiant du TPS aurait des conséquences économiques pour les entreprises et les résidents du Massachusetts. Il a rappelé que ces salariés sont présents dans la quasi-totalité des secteurs d’activité, notamment la santé, le commerce de détail, la logistique, la restauration, les transports, le nettoyage, la construction et les petites entreprises.

JD Chesloff, président-directeur général de la Massachusetts Business Roundtable, a estimé qu’une main-d’œuvre stable était indispensable au maintien de la compétitivité de l’État. Selon lui, le départ brutal de travailleurs expérimentés accentuerait les pénuries de personnel, augmenterait les coûts et perturberait l’activité des entreprises.

Brooke Thomson, présidente-directrice générale d’Associated Industries of Massachusetts, a défendu la prolongation du TPS pour des raisons à la fois économiques et humanitaires. Elle a souligné que les bénéficiaires haïtiens vivent aux États-Unis depuis plusieurs années, respectent la législation, disposent d’une autorisation fédérale de travail, acquittent leurs impôts et occupent des emplois essentiels dans des secteurs confrontés à d’importantes difficultés de recrutement.

Tom O’Brien, directeur général de HYM Investment Group et coprésident du Council on Workforce and Economic Security, a notamment insisté sur le rôle des travailleurs haïtiens dans le bâtiment. Leur départ, a-t-il averti, risquerait d’aggraver les pénuries de main-d’œuvre, d’accroître les coûts et de compliquer la réalisation des logements, des infrastructures et des projets immobiliers nécessaires au développement du Massachusetts.

Amy Bianco, vice-présidente chargée des affaires fédérales et des initiatives stratégiques au sein de la Massachusetts Health & Hospital Association, a rappelé que les établissements de santé comptent sur des soignants issus de tous les horizons pour compenser les pénuries de personnel et maintenir l’accès des patients aux services nécessaires.

Enfin, Tara Gregorio, présidente-directrice générale de la Massachusetts Senior Care Association, a averti que la perte potentielle de 2 000 soignants haïtiens expérimentés fragiliserait davantage les établissements accueillant des personnes âgées. Elle a estimé que les conséquences seraient ressenties non seulement par les travailleurs et leurs familles, mais aussi par les patients dépendant d’un système de soins de longue durée stable et fiable.