MIRA lance une nouvelle initiative pour renforcer la défense des immigrés devant les tribunaux

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BOSTON, 18 décembre 2025 — Le Massachusetts Immigrant and Refugee Advocacy Coalition (MIRA) a annoncé le lancement d’un nouveau programme visant à élargir l’accès à une représentation juridique pour les immigrés à faibles revenus confrontés à des procédures d’expulsion, dans un contexte marqué par une augmentation des arrestations et des renvois à l’échelle de l’État.tate, Executive Director Elizabeth “Liz” Sweet said in an interview broadcast on MCTV.

Cette initiative, baptisée Massachusetts Access to Counsel Initiative (MACI), a été présentée par la directrice exécutive de MIRA, Elizabeth « Liz » Sweet, lors d’un entretien diffusé à CAMERA MOSAIQUE sur  MCTV. Elle  est mise en œuvre en partenariat avec le Committee for Public Counsel Services (CPCS) ainsi qu’avec plusieurs organisations spécialisées dans l’assistance juridique.

MIRA, la plus importante coalition de défense des droits des immigrés et des réfugiés en Nouvelle-Angleterre, regroupe des organisations communautaires, des avocats et des prestataires de services actifs dans l’ensemble du Massachusetts. Sa mission consiste à promouvoir l’accès aux droits et à renforcer la protection juridique des populations immigrées, a rappelé Mme Sweet.

L’objectif central du nouveau dispositif est de remédier à une carence structurelle du système de l’immigration : l’absence d’un droit garanti à un avocat commis d’office. Les procédures d’immigration relevant du droit civil, les personnes placées en détention ou poursuivies devant les tribunaux ne bénéficient pas automatiquement d’une assistance juridique financée par l’État.

« De nombreuses personnes menacées d’expulsion au Massachusetts n’ont tout simplement pas les moyens de se faire représenter par un avocat », a souligné Mme Sweet. « Or, face à elles, l’administration fédérale est systématiquement représentée par un juriste chargé de plaider leur renvoi. »

Les conséquences de cette asymétrie sont lourdes. Le droit de l’immigration est reconnu comme l’un des domaines juridiques les plus complexes, en raison de la multiplicité des statuts, des critères d’éligibilité et des évolutions réglementaires fréquentes. Selon des données citées par Mme Sweet, les immigrés bénéficiant d’une représentation légale peuvent être jusqu’à cinq fois plus susceptibles d’obtenir une issue favorable à leur dossier.

« Sans accompagnement juridique, beaucoup de personnes ignorent quels éléments de leur situation sont déterminants ou comment constituer un dossier probant », a-t-elle expliqué. « Même des cas solides peuvent échouer en l’absence d’un avocat. »

Afin de réduire cet écart, le programme prévoit le recrutement de vingt avocats à temps plein supplémentaires, chargés de représenter des immigrés à faibles revenus devant les juridictions de l’immigration. Actuellement, environ 55 % des personnes convoquées devant ces tribunaux au Massachusetts s’y présentent sans avocat, selon les estimations de MIRA.

Le dispositif s’appuie sur une ligne téléphonique centralisée — le 508-505-4588 — ouverte du lundi au vendredi de 9 heures à 17 heures, avec une extension jusqu’à 19 heures le mardi. Les appels, d’une durée moyenne de 15 à 20 minutes, permettent aux équipes d’évaluer l’éligibilité des demandeurs.

L’accès au programme est réservé aux personnes engagées dans une procédure devant un tribunal de l’immigration, résidant dans le Massachusetts et répondant à des critères de revenus stricts. Le plafond est fixé à 125 % du seuil de pauvreté fédéral, soit environ 19 500 dollars par an pour une personne seule et près de 40 000 dollars pour une famille de quatre personnes.

Consciente des barrières linguistiques auxquelles se heurtent de nombreux immigrés, MIRA a mis en place un dispositif multilingue. Les équipes parlent plusieurs langues et recourent, le cas échéant, à des services d’interprétation téléphonique.

 

Le lancement de cette initiative intervient dans un contexte jugé particulièrement préoccupant par les défenseurs des droits des immigrés, marqué par une intensification des contrôles et par la perte de statut légal de nombreux résidents de longue date. « L’enjeu est de garantir à chacun un procès équitable et la possibilité réelle de faire valoir ses droits devant un juge », a insisté Mme Sweet.

Les proches de personnes placées en détention sont également encouragés à contacter le 508-505-4588  lorsque leurs familles ne sont pas en mesure de le faire elles-mêmes.

En conclusion de l’entretien, la directrice exécutive de MIRA a appelé à une large diffusion de l’information sur l’existence de ce programme, estimant qu’un accès effectif à un avocat peut « changer le cours d’une vie ».