« Partout dans ce pays, dans chaque État, je vois des gens qui peinent à accéder aux soins, et une partie du problème, c’est que les soins de santé coûtent extrêmement cher » Maura Healey
Boston (Massachusetts State House) — PAR YVES CAJUSTE, InfoHaïti.net – La gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, a annoncé mercredi une série de mesures « inédites au niveau national » visant à faciliter et accélérer l’accès aux soins tout en réduisant leur coût pour les patients et les entreprises, avec une réforme majeure des autorisations préalables imposées par les assurances santé et la création d’un Health Care Affordability Working Group.
Lors d’un discours prononcé au pied du « Grand Staircase » du State House, la gouverneure a présenté ces changements comme une réponse immédiate aux difficultés rencontrées par de nombreux résidents pour se faire soigner dans des délais raisonnables, dans un contexte de hausse continue des dépenses de santé.
« Partout dans ce pays, dans chaque État, je vois des gens qui peinent à accéder aux soins, et une partie du problème, c’est que les soins de santé coûtent extrêmement cher », a déclaré Maura Healey. « En tant que gouverneure, mon engagement est d’agir ici dans le Massachusetts, parce que nous ne pouvons pas attendre Washington », a-t-elle ajouté.
Les mesures annoncées s’appuient sur des règlements mis à jour par la Division of Insurance (DOI), chargée de rationaliser et d’encadrer la pratique des autorisations préalables. Ce mécanisme oblige les médecins à obtenir l’accord d’un assureur avant de mettre en œuvre certains soins, de faire effectuer des examens ou de prescrire certains médicaments, un processus souvent critiqué
Au cœur de la réforme, la DOI entend harmoniser les pratiques à l’échelle du système, limiter les obstacles jugés inutiles et réduire la « red tape », la paperasse administrative qui ralentit la prise en charge. « Aujourd’hui, nous changeons cela. Nous supprimons l’autorisation préalable dans un grand nombre de situations », a affirmé Maura Healey. « Nous éliminons la bureaucratie qui se dresse entre vous et les soins. Désormais, un large éventail de médicaments, de services et d’équipements médicaux ne nécessitera plus aucune autorisation préalable », a-t-elle assuré.
Selon l’administration, les services concernés incluent notamment les soins d’urgence, une partie des soins courants, la prise en charge des maladies chroniques, ainsi que certains médicaments sur ordonnance. La gouverneure a notamment cité le cas des patients diabétiques, qui n’auraient plus à demander d’autorisation préalable pour les services, dispositifs ou médicaments liés à leur maladie.
La réforme prévoit également un cadre renforcé pour les demandes urgentes, imposant aux assureurs de répondre en 24 heures, un délai que l’administration présente comme le plus rapide du pays. Le texte introduit aussi des mesures de continuité des soins lorsque les patients changent d’assurance, ainsi que davantage de transparence sur les procédures appliquées, afin de réduire les erreurs et les incompréhensions.
L’enjeu financier est considérable. Selon un rapport du Council for Affordable Quality Healthcare (CAQH) cité par l’administration Healey-Driscoll, le secteur aurait dépensé 1,3 milliard de dollars en 2023 en coûts administratifs liés aux autorisations préalables, soit une hausse de 30% sur un an. Le coût moyen serait d’environ six dollars par transaction, pour des tâches administratives devant respecter les exigences de sécurité prévues par la loi HIPAA (Health Insurance Portability and Accountability Act,loi fédérale américaine adoptée en 1996 )
Maura Healey a dénoncé un système qui, selon elle, produit parfois l’effet inverse de celui recherché. « Quand vous attendez une autorisation, vous continuez de souffrir. Et les choses peuvent empirer », a-t-elle déclaré, évoquant des traitements routiniers dont l’approbation est fréquente mais dont l’accès peut être retardé par les formalités.
En parallèle, la gouverneure a annoncé la création d’un Health Care Affordability Working Group, chargé d’élaborer des propositions concrètes pour freiner la hausse des coûts de santé dans l’État. « Je veux de l’action. Je ne veux pas d’un processus interminable qui aboutit à un rapport de plus », a déclaré Maura Healey, appelant le groupe à identifier rapidement des solutions innovantes pour un système qu’elle juge en crise sur le plan de l’accessibilité financière.
Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux du Massachusetts, le Dr Kiame Mahaniah, a soutenu cette approche, estimant que le système avait atteint « un point de rupture » pour de nombreuses familles. « Je vois de près à quel point il est important d’avoir accès à des soins abordables. Trop de familles prennent des décisions de santé en fonction de leur capacité à acheter de la nourriture, payer leur loyer ou chauffer leur maison », a-t-il affirmé.
Médecin en soins primaires et en addictologie, Kiame Mahaniah a rappelé qu’il continue de consulter chaque semaine au Lynn Community Health Center, où il dit observer les arbitrages imposés par la pression financière. « Les dépenses augmentent plus vite que notre capacité à payer les soins », a-t-il déclaré, plaidant pour une « responsabilité partagée » entre l’État, l’industrie, le monde du travail et le milieu universitaire afin de construire « un système plus durable et plus abordable ».
Co-présidé par l’ancienne secrétaire à la Santé Kate Walsh et la présidente de Citizens Massachusetts Lisa Murray, le groupe de travail devra notamment se pencher sur quatre axes :
1) garantir que les patients reçoivent les soins « au bon moment, au bon endroit » ;
2) imaginer de nouvelles modalités de financement ;
3) améliorer l’efficacité en réduisant le gaspillage ;
4) et permettre aux professionnels de santé de travailler au maximum de leurs compétences, en s’appuyant davantage sur la technologie pour améliorer la prise en charge.
Composition du Health Care Affordability Working Group (membres et institutions)
- Kate Walsh (Chair), Former Health and Human Services Secretary
- Lisa Murray (Chair), Massachusetts State President, Citizens
- Senator Cindy Friedman, Senate Chair, Committee on Health Care Financing
- Representative John Lawn, House Chair, Committee on Health Care Financing
- Matt Gorzkowicz, Secretary of Administration and Finance
- Michael Caljouw, Commissioner of Insurance
- Amy Rosenthal, Undersecretary for Health, Executive Office of Health and Human Services
- Mike Levine, Undersecretary for MassHealth and State Medicaid Director
- Robbie Goldstein, Commissioner, Department of Public Health
- David Seltz, Executive Director, Massachusetts Health Policy Commission
- Andrew Jackmauh, Interim Executive Director, The Center for Health Information and Analysis
- Matt Veno, Executive Director, Group Insurance Commission
- Audrey Morse Gasteier, Executive Director, Massachusetts Health Connector
- Steve Walsh, President & CEO, Massachusetts Health and Hospital Association
- Lois Cornell, Executive Vice President, Massachusetts Medical Society
- Michael Curry, President & CEO, Mass League of Community Health Centers
- Tara Gregorio, President & CEO, Mass Senior Care Association
- Kendalle Burlin O’Connell, President & CEO, MassBIO
- Cari Medina, Executive Vice President, 1199SEIU
- Joe-Ann Fergus, Executive Director, Massachusetts Nursing Association
- Sarah Iselin, President & CEO, Blue Cross Blue Shield of Massachusetts
- Lora Pellegrini, President & CEO, Massachusetts Association of Health Plans
- Doug Howgate, President, Massachusetts Taxpayers Foundation
- Jon Hurst, President & CEO, Retailers Association of Massachusetts
- JD Chesloff, President & CEO, Massachusetts Business Roundtable
- Ashley Blackburn, Interim Executive Director, Health Care for All
- Danna Mauch, President & CEO, Massachusetts Association for Mental Health
- Zirui Song, Associate Professor of Health Care Policy and Medicine, Harvard Medical School
- Bela Gorman, health care actuary, Health Connector Board member
- Chris Koller, health policy researcher & former RI DOI Commissioner





