
Boston (Massachusetts), 15 septembre 2026 — InfoHaïti.net — La gouverneure démocrate du Massachusetts, Maura Healey, a annoncé aujourd’hui à Boston une série de mesures visant à renforcer la prise en charge de la santé mentale des femmes pendant et après la grossesse, avec la généralisation progressive des visites d’infirmières à domicile après une naissance, des moyens supplémentaires pour mieux détecter les troubles psychiatriques périnatals et une extension des règles de dépistage au-delà de la seule dépression post-partum.

Présentées au département d’obstétrique et de gynécologie du Beth Israel Deaconess Medical Center, l’un des principaux établissements hospitaliers de Boston, ces mesures doivent permettre une détection plus précoce des troubles psychiques et faciliter l’orientation des patientes vers les services appropriés.</span>
Maura Healey était accompagnée du secrétaire à la Santé et aux Services sociaux du Massachusetts, Dr Kiame Mahaniah, du commissaire à la Santé publique, Dr Robbie Goldstein, et de la commissaire à la Santé mentale, Emily Bailey.
La principale annonce porte sur une enveloppe de deux millions de dollars que la gouverneure entend inscrire dans un projet de budget supplémentaire afin d’étendre à l’ensemble du Massachusetts le programme Welcome Family.
Gratuit et facultatif, ce dispositif permet à une infirmière spécialisée dans la santé maternelle et infantile de se rendre au domicile d’une famille au cours des premières semaines suivant une naissance.
« Nous faisons en sorte que chaque nouveau parent dans le Massachusetts puisse recevoir une visite à domicile d’une infirmière dans les premières semaines suivant la naissance », a déclaré Maura Healey.
Le programme ne concerne actuellement qu’environ 3.000 familles par an. Lors de ces visites, les infirmières examinent la mère et le nouveau-né, répondent aux interrogations relatives notamment à l’alimentation, au sommeil et aux soins du nourrisson et peuvent détecter une dépression ou d’autres troubles de santé mentale.
Détecter plus tôt les troubles psychiques
Deuxième volet du dispositif, Maura Healey propose 250.000 dollars supplémentaires pour renforcer le Massachusetts Child Psychiatry Access Program for Moms, ou MCPAP for Moms, un programme public destiné à aider les professionnels de santé à prévenir, identifier et traiter les troubles psychiques et les problèmes liés à la consommation de substances pendant la grossesse et la période post-partum.
Le dispositif donne notamment aux médecins et autres professionnels de santé un accès rapide à des spécialistes de la santé mentale périnatale, ainsi qu’à des services de coordination et de formation.
Les nouveaux moyens doivent permettre aux soignants de mieux identifier les troubles à un stade précoce, mais également d’améliorer la connaissance de pathologies graves comme la psychose post-partum, un trouble psychiatrique rare qui peut apparaître après un accouchement.
Ils doivent également permettre de mieux informer les femmes et leurs proches sur les premiers signes d’alerte et sur les structures auxquelles s’adresser.
« L’objectif est simple : identifier les problèmes plus tôt et faire en sorte que les personnes soient mises en relation avec les ressources dont elles ont besoin », a expliqué la gouverneure.

Un dépistage élargi
Le troisième axe concerne la réglementation. Maura Healey a demandé au département de la Santé publique du Massachusetts de revoir les règles encadrant le dépistage des troubles de santé mentale pendant la grossesse et après l’accouchement.
Le dispositif doit notamment aller au-delà de la dépression post-partum pour mieux prendre en compte les troubles de l’humeur et de l’anxiété susceptibles d’apparaître pendant la période périnatale.
Les professionnels de santé doivent également recevoir des recommandations plus précises sur le dépistage, l’évaluation des symptômes, l’orientation des patientes et leur mise en relation avec des structures spécialisées.
Interrogée après son intervention sur les raisons de cette révision, la gouverneure a estimé que les règles existantes étaient insuffisantes.
« Je ne pense pas qu’elles étaient adéquates », a-t-elle déclaré, jugeant leur champ d’application « trop limité » et plaidant pour une approche couvrant un éventail plus large de troubles susceptibles d’affecter les femmes pendant et après leur grossesse.
« Trop de lacunes dans le système »
Ces nouvelles mesures prolongent plusieurs réformes engagées depuis l’arrivée de Maura Healey et de Kim Driscoll à la tête du pouvoir exécutif du Massachusetts en janvier 2023.
La gouverneure a notamment rappelé la loi sur la santé maternelle qu’elle avait promulguée en août 2024. Le texte avait élargi l’accès aux doulas, aux sages-femmes et aux maisons de naissance et renforcé la couverture du dépistage de la dépression post-partum.
« Mais nous savons qu’il reste encore beaucoup à faire », a-t-elle reconnu mardi, évoquant « trop de lacunes dans le système », des difficultés d’accès aux services et des parents parfois démunis après la naissance d’un enfant.
Avant de présenter ces nouvelles mesures, la gouverneure s’est entretenue avec plusieurs mères et leurs enfants à Beth Israel Deaconess Medical Center. Ces femmes lui ont fait part de leur expérience de la maternité et de la période suivant l’accouchement, ainsi que des difficultés rencontrées pour obtenir du soutien.
La gouverneure a insisté sur le caractère parfois éprouvant de cette période, décrivant l’arrivée d’un enfant comme une expérience qui peut être à la fois heureuse et « épuisante, isolante et accablante » pour les nouvelles mères.
Elle a également souligné le poids de la stigmatisation entourant encore les troubles psychiques liés à la maternité. Certaines femmes, a-t-elle relevé, hésitent à reconnaître qu’elles traversent une dépression ou à demander de l’aide, tandis que les contraintes professionnelles et familiales peuvent compliquer l’accès aux soins.
« Nous savons qu’il y a des mères qui souffrent actuellement de dépression post-partum et qui pensent devoir garder cela pour elles-mêmes », a déclaré Maura Healey.




