« Lorsque l’objectif est de retirer des individus dangereux de la circulation, les forces de l’ordre locales, y compris à Boston, coopèrent pleinement » Maura Healey
Boston, (State House) – 28 Janvier 2025 – PAR YVES CAJUSTE, InfoHaïti.net – En marge de la présentation des grandes lignes de son budget pour l’exercice fiscal 2026-2027, la gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, a vivement critiqué les récentes opérations des forces fédérales de police à travers le pays, évoquant notamment les événements survenus à Minneapolis.
Interrogée par des journalistes, la gouverneure a tenu à rappeler que le Massachusetts « n’est pas un État sanctuaire », tout en dénonçant ce qu’elle a qualifié de dérives dans la conduite de certaines interventions fédérales. Selon elle, ces opérations ne relèvent pas d’une coopération habituelle entre autorités locales et fédérales en matière de sécurité publique.
Ancienne procureure, Maura Healey a souligné avoir travaillé par le passé avec des agences fédérales telles que le FBI, le département de la Sécurité intérieure (HSI), la police des frontières (CBP) et la police de l’immigration (ICE). « Ce que nous observons aujourd’hui n’est pas conforme aux pratiques normales du maintien de l’ordre », a-t-elle estimé, jugeant que certaines actions menées sous couvert de sécurité publique ne contribuent pas, selon elle, à rendre les communautés plus sûres.
La gouverneure a notamment mis en cause l’ampleur et la nature des déploiements fédéraux à Minneapolis, qu’elle a décrits comme disproportionnés au regard des forces locales disponibles. Elle a affirmé que ces opérations avaient été « initiées par l’administration fédérale », sans nécessité opérationnelle claire, et qu’elles avaient entraîné, selon elle, de lourdes conséquences humaines et sociales.
Maura Healey a évoqué des décès récents liés à ces opérations, qu’elle a qualifiés de « tragiques », ainsi que l’impact plus large sur de nombreuses familles à travers le pays. « Des familles ont vu des proches emmenés de force, ce qui a provoqué un profond traumatisme », a-t-elle déclaré, estimant que ces pratiques nuisent également à l’économie, aux entreprises et à l’image internationale des États-Unis.
La gouverneure a insisté sur le fait que, dans un cadre classique de lutte contre la criminalité, la coopération des autorités du Massachusetts est acquise. « Lorsque l’objectif est de retirer des individus dangereux de la circulation, les forces de l’ordre locales, y compris à Boston, coopèrent pleinement », a-t-elle assuré. Elle a toutefois estimé que les opérations actuelles relèvent davantage, selon ses termes, d’une stratégie d’intimidation.
D’après elle, ce climat de crainte aurait des effets concrets sur la vie quotidienne : des enfants qui n’iraient plus à l’école, des patients qui renonceraient à des rendez-vous médicaux, des fidèles qui hésiteraient à se rendre dans les lieux de culte, ou encore des victimes de crimes qui redouteraient de se présenter devant les tribunaux. « Cela ne rend pas nos communautés plus sûres », a-t-elle affirmé.
La gouverneure a également critiqué la réaction de l’exécutif fédéral après certains incidents, accusant la Maison Blanche de minimiser ou de contester publiquement des faits pourtant largement documentés. Elle a rappelé que les principes fondamentaux de l’État de droit, notamment les garanties constitutionnelles liées au respect de la vie privée et à la nécessité de mandats judiciaires, trouvent leurs origines dans l’histoire juridique du Massachusetts.
« Ces principes ne sont ni démocrates ni républicains. Ils constituent le socle des valeurs américaines », a-t-elle souligné, appelant l’ensemble des responsables politiques, toutes tendances confondues, à dénoncer ce qu’elle considère comme des abus et à agir publiquement.
Maura Healey a enfin exprimé son inquiétude quant au climat d’anxiété ressenti par de nombreux résidents du Massachusetts, en particulier les parents. Elle a également estimé que la situation complique le travail des forces de police locales et de l’État, appelées à intervenir en réaction à des opérations fédérales qu’elle a qualifiées de « désorganisées ».
« Ce n’est pas la voie que notre pays devrait emprunter », a-t-elle conclu, appelant à un retour à des pratiques conformes, selon elle, aux valeurs et aux principes fondamentaux des États-Unis.





