
« Un diplôme doit avoir une valeur claire, comprise des familles, reconnue par les employeurs et en phase avec les exigences de l’enseignement supérieur», Dr Patrick Tutwier, Secrétaire à l’éducation
Boston, 15 Janvier 2026 – MA State House —PAR YVES CAJUSTE, InfoHaïti.net- Le secrétaire à l’Éducation du Massachusetts, Patrick Tutwiler, a réaffirmé mardi l’ambition de l’administration Healey-Driscoll de bâtir un système éducatif à la fois cohérent, inclusif et exigeant, « de la naissance à l’âge adulte », lors d’une table ronde organisée avec des médias multiculturels au State House, siège du Gouvernement et du pouvoir législatif.
Entouré des trois commissaires responsables de l’éducation , Amy Kershaw, chargée de l’éducation et de la garde de la petite enfance, Pedro Martinez, à la tête de l’enseignement primaire et secondaire, et Noe Ortega, responsable de l’enseignement supérieur, Dr Patrick Tutwiler a exposé une stratégie structurée autour de trois priorités : des investissements renforcés dès la petite enfance, un relèvement des exigences au lycée et un accès élargi à un enseignement supérieur gratuit ou financièrement accessible.
« Notre rôle est de créer les conditions permettant à chacun de réaliser ses rêves », a résumé le secrétaire à l’éducation, soulignant l’articulation entre orientations politiques, choix budgétaires et présence active des responsables éducatifs au sein des communautés à travers l’État.

Première à intervenir, la commissaire à l’Éducation et à la garde de la petite enfance, Amy Kershaw, a inscrit son propos dans la stratégie plus large de l’administration Healey-Driscoll, qui fait de la petite enfance un investissement structurant à la fois pour l’équité éducative et pour l’économie du Massachusetts.
« Là où tout commence, c’est la petite enfance », a-t-elle rappelé, soulignant que les apprentissages précoces, littératie, mathématiques, sciences, mais aussi compétences sociales et émotionnelles, conditionnent la réussite scolaire ultérieure et la mobilité économique. « C’est un investissement d’équité pour réduire les écarts d’opportunités », a-t-elle insisté, reliant ces priorités aux objectifs poursuivis par l’administration dans l’ensemble du système éducatif.
Selon la commissaire, les engagements budgétaires de l’État se traduisent par des résultats concrets. En 2025, le Massachusetts a augmenté de plus de 7 600 le nombre de places agréées en garde d’enfants, portant la capacité totale à près de 265 000 enfants à l’échelle de l’État. Le nombre de programmes agréés a également progressé de 450, pour dépasser 9 150 structures financées et licenciées par l’État, un niveau désormais supérieur à celui d’avant la pandémie.
L’administration Healey-Driscoll a parallèlement renforcé l’accessibilité financière, pilier central de sa politique sociale. Plus de 1,06 milliard de dollars ont été investis dans l’aide financière à la garde d’enfants, permettant à près de 70 000 familles d’inscrire leurs enfants en structure d’accueil, soit 10 000 enfants supplémentaires depuis l’entrée en fonction de l’actuelle administration. « La garde d’enfants est une infrastructure économique », a souligné Amy Kershaw. « Ce sont des petites entreprises locales qui créent des emplois et permettent aux familles de travailler et de progresser économiquement. » Elle a résumé cette approche par une formule devenue emblématique : « Nous sommes la main-d’œuvre derrière la main-d’œuvre. »
La commissaire Kershaw a également mis en avant l’initiative Commonwealth Preschool Partnership (CPPI), qui maintient l’accès élargi à une éducation préscolaire de haute qualité. Ce programme soutient environ 220 classes de maternelle et 3 200 places, réparties entre écoles publiques, garderies familiales, YMCA, Head Start et autres organismes communautaires, illustrant la volonté de l’administration Healey-Driscoll de bâtir des partenariats locaux durables.
Sur le volet des infrastructures, l’État a attribué 2,7 millions de dollars à plus de 150 programmes de garde familiale dans le cadre du nouveau programme de subventions en capital, et 14,1 millions de dollars supplémentaires pour la rénovation de 28 centres de garde et de programmes périscolaires. En parallèle, près de 600 étudiants ont été soutenus via des bourses en éducation de la petite enfance, contribuant à renforcer les filières de formation.
Enfin, Amy Kershaw a souligné l’importance accordée au développement de la main-d’œuvre. Le Massachusetts a obtenu une subvention fédérale de 5 millions de dollars du département américain du Travail pour financer des programmes d’apprentissage destinés aux éducateurs de la petite enfance — la plus importante jamais attribuée dans ce domaine. À ce jour, plus de 350 apprentis ont été inscrits dans huit programmes, renforçant un secteur devenu le plus dynamique de l’État en matière d’apprentissage en alternance.
Cette action est complétée par une approche interministérielle. En mars, le groupe de travail interagences sur l’éducation et la garde de la petite enfance a publié son rapport de première année, formulant près de 30 recommandations opérationnelles pour améliorer l’accès, l’accessibilité financière, la qualité, l’équité et la viabilité économique du secteur. « Il ne s’agit plus seulement de ce que fait notre département, mais de la manière dont tout le gouvernement considère la garde d’enfants comme un levier de développement économique », a conclu la commissaire Amy Kershaw, résumant l’ambition de l’administration Healey-Driscoll pour la petite enfance au Massachusetts.

K-12 : maintenir l’excellence sans abaisser les exigences
Le commissaire à l’Éducation élémentaire et secondaire du Massachusetts (DESE), Pedro Martinez, a dressé un bilan à la fois confiant et lucide du système scolaire public, soulignant une performance globale élevée tout en reconnaissant des défis structurels que l’administration Healey-Driscoll entend affronter par des investissements ciblés et des standards renforcés.
« Nous sommes encore numéro un au pays sur plusieurs indicateurs clés », a-t-il rappelé, citant notamment les programmes avancés permettant aux élèves d’obtenir des crédits universitaires, ainsi que la solidité des filières techniques et professionnelles. Cette dynamique s’est traduite, selon le département de l’Éducation élémentaire et secondaire (DESE), par une participation sans précédent aux parcours “college and career”.
Durant l’année scolaire 2024-2025, plus d’un élève de lycée sur quatre — soit 80 377 élèves — a suivi un parcours combinant formation académique et préparation professionnelle, à travers l’enseignement technique et professionnel (CTE), les programmes Early College ou les Innovation Career Pathways.
Sur le plan des compétences fondamentales, Pedro Martinez a mis en avant le lancement de l’initiative Literacy Launch, destinée à renforcer l’enseignement de la lecture fondé sur des données probantes. En 2025, 46 districts scolaires et 204 écoles ont bénéficié de financements et d’un accompagnement technique pour faire évoluer leurs pratiques pédagogiques. Près de 500 enseignants ont suivi gratuitement une formation spécialisée lors des premiers Literacy Launch Institutes, tandis que 1 300 éducateurs supplémentaires doivent être formés d’ici l’hiver et l’été prochains.
L’administration Healey-Driscoll a également renforcé les dispositifs de soutien individualisé. Un financement de 25 millions de dollars a été sécurisé pour offrir un tutorat intensif et gratuit en littératie à 272 écoles élémentaires. Parallèlement, des fonds fédéraux ESSER ont permis de proposer du tutorat en mathématiques à plus de 3 200 élèves dans 145 écoles, ciblant en priorité les élèves les plus en difficulté.
Dans le secondaire, le DESE a poursuivi l’expansion de l’enseignement technique et professionnel. Dix-huit nouveaux programmes CTE ont été approuvés dans 16 lycées, ouvrant chaque année l’accès à un apprentissage professionnalisant à près de 900 élèves supplémentaires. Un budget complémentaire signé par la gouverneure Maura Healey prévoit par ailleurs 100 millions de dollars de subventions d’investissement pour les infrastructures CTE, ce qui devrait créer plus de 3 000 nouvelles places sur trois ans. Les règlements encadrant l’admission dans ces filières ont également été révisés afin d’élargir l’accès à un plus grand nombre d’élèves.
Le patron du DESE a salué l’essor des programmes Early College, avec l’annonce de 18 nouveaux partenariats permettant à 1 400 lycéens supplémentaires de s’inscrire dès l’an prochain. Selon les données publiées par le DESE, 66 % des élèves ayant suivi un parcours Early College s’inscrivent à l’université immédiatement après l’obtention de leur diplôme, majoritairement dans les universités publiques et les community colleges du Massachusetts.
Le commissaire Martinez n’a toutefois pas éludé les inégalités persistantes, notamment dans l’accompagnement des élèves multilingues. « Nous avons démantelé les programmes bilingues et d’enseignement en double langue entre 2003 et 2017, ce qui nous a mis en retard par rapport au reste du pays », a-t-il reconnu, estimant que la reconstruction de ces pratiques constitue désormais une priorité stratégique.
Enfin, il a rappelé que la réforme des exigences de fin d’études secondaires s’inscrit dans une logique de rigueur assumée. « Lorsque le référendum a supprimé le MCAS comme condition d’obtention du diplôme, nous avons refusé d’abaisser les standards. Au contraire, nous avons choisi de les renforcer », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de fixer des objectifs élevés tout en ciblant les soutiens nécessaires. Cette approche est complétée par des politiques sociales, telles que les repas scolaires gratuits et universels, dont bénéficient aujourd’hui sept élèves sur dix, grâce à un financement combiné de l’État et du gouvernement fédéral.

L’enseignement supérieur, levier de mobilité sociale
Prenant la parole à la tableronde sur l’éducation ce jeudi au State House à Boston, le commissaire à l’Enseignement supérieur, Noe Ortega, a replacé l’université au cœur d’une vision éducative continue, allant de la petite enfance à l’âge adulte. « Nous sommes dans le métier de rendre les rêves possibles », a-t-il résumé, soulignant que l’accès et la réussite dans l’enseignement supérieur dépendent directement des investissements réalisés en amont, tout au long du parcours scolaire K-12.
Il a mis en avant deux décisions structurantes prises par l’administration Healey-Driscoll au cours des trois dernières années. La première concerne l’accès financier : les community colleges sont désormais gratuits pour tous, tandis que les universités publiques de quatre ans sont gratuites pour les étudiants éligibles aux bourses fédérales Pell. « Nous avons voulu lever l’obstacle financier pour celles et ceux qui en avaient le plus besoin », a-t-il expliqué.
La seconde décision vise les classes moyennes, souvent exclues des dispositifs d’aide traditionnels. Des mécanismes réduisent de moitié les frais de scolarité pour les familles gagnant jusqu’à 110 000 dollars par an. « Nous avons reconnu que même ces familles éprouvent de réelles difficultés à financer les études supérieures de leurs enfants », a-t-il indiqué.
Selon Noe Ortega, ces choix politiques ont produit des effets mesurables. Alors que de nombreux États peinent à retrouver leurs niveaux d’inscription d’avant la pandémie, le Massachusetts affiche des hausses annuelles à deux chiffres, comprises entre 10 % et 15 %, traduisant un regain d’attractivité de l’enseignement supérieur public.
Face au discours de plus en plus répandu mettant en doute la valeur des études universitaires, le commissaire Ortega a cité un rapport publié par l’État : « Dans le Massachusetts, apprendre rapporte ». Ce document montre qu’un diplôme universitaire de deux ans se traduit par un revenu annuel supérieur d’environ 20 000 dollars par rapport à un simple diplôme de lycée, tandis qu’un baccalauréat permet un gain pouvant atteindre 30 000 dollars. « Ici, l’enseignement supérieur est à la fois abordable et rentable », a-t-il insisté.
Noe Ortega a toutefois reconnu que ces bénéfices ne sont pas également répartis. « La question que nous devons nous poser est simple : sommes-nous un leader pour tous ou seulement pour certains ? », a-t-il lancé, pointant les écarts persistants en matière d’accès, de persévérance et de diplomation pour les étudiants noirs et latino-américains.
Il a salué l’élargissement de la notion de « tous » au Massachusetts, qui inclut désormais les étudiants sans statut migratoire régulier dans l’accès aux admissions, aux frais de scolarité au tarif de l’État et aux programmes d’aide financière. Une orientation qui, selon lui, traduit l’ambition de l’administration Healey-Driscoll de faire de l’enseignement supérieur un véritable moteur de mobilité sociale et d’équité.

La redéfinition du diplôme de fin d’études secondaires, pilier de la politique éducative Healey-Driscoll
La refonte des exigences d’obtention du diplôme de fin d’études secondaires portée par le secrétaire à l’Éducation du Massachusetts, Patrick Tutwiler, s’inscrit pleinement dans la stratégie éducative globale de l’administration Healey-Driscoll, fondée sur l’équité, l’exigence académique et la préparation concrète des élèves aux réalités économiques et sociales de l’État.
Engagée par décret en janvier 2025, cette réforme intervient dans le prolongement direct des orientations politiques de l’Administration Healey-Driscoll, qui ont fait de l’éducation, de la petite enfance à l’enseignement supérieur, un levier central de mobilité sociale et de compétitivité économique. Elle répond également à un impératif institutionnel créé par la suppression du MCAS comme condition d’obtention du diplôme, laissant le Massachusetts sans définition claire et partagée de ce que signifie « être diplômé du lycée ».
Pour y remédier, un conseil de 32 membres a été constitué, conformément à la méthode privilégiée par l’administration : concertation large, écoute des parties prenantes et décisions appuyées sur des données probantes. À travers des sessions publiques et une enquête ayant recueilli près de 8 000 réponses, ce travail consultatif a permis d’ancrer la réforme dans les réalités vécues par les élèves, les familles et les éducateurs. « Un diplôme doit avoir une valeur claire, comprise des familles, reconnue par les employeurs et en phase avec les exigences de l’enseignement supérieur», a souligné Patrick Tutwiler, reprenant un principe central de l’action de l’exécutif : des standards élevés, sans exclusion.
Le cadre proposé repose sur trois piliers étroitement liés aux priorités de l’administration Healey-Driscoll. Le premier vise à garantir des apprentissages fondamentaux communs, afin que tous les diplômés soient éligibles à l’enseignement supérieur public du Massachusetts. Cette orientation reflète la volonté gouvernementale d’élargir l’accès à l’université, déjà matérialisée par la gratuité des community colleges et l’aide accrue aux étudiants issus des classes moyennes et populaires.
Le deuxième pilier prévoit un dispositif d’évaluation hybride, associant examens de fin de cycle et travaux de synthèse. Cette orientation illustre la volonté de l’administration de dépasser la logique des tests uniques afin de mieux valoriser les compétences durables attendues par les employeurs, notamment l’esprit critique, la capacité à résoudre des problèmes et le travail collaboratif.
Enfin, le troisième pilier, la préparation à « l’après-lycée », s’inscrit dans la vision intégrée de l’administration Healey-Driscoll, qui conçoit l’éducation comme un continuum. La généralisation du programme MICAP, l’intégration de l’éducation financière et l’obligation de compléter la demande d’aide fédérale FAFSA visent à réduire les inégalités d’information et d’accès, souvent invisibles mais déterminantes. « Notre responsabilité est de faire en sorte que l’information et l’accès aux ressources ne soient jamais des obstacles », a insisté Patrick Tutwiler.
À travers cette réforme, l’administration Healey-Driscoll entend ainsi donner un sens clair et partagé au diplôme de fin d’études secondaires : un passeport vers des choix réels, qu’il s’agisse de l’université, de la formation professionnelle ou de l’entrée directe sur le marché du travail, dans un Massachusetts qui revendique une excellence éducative accessible à tous.




