Croisières suspendues vers Haïti : Labadee à l’arrêt, le Nord sous pression économique

0

Port-au-Prince, 16 janvier 2026 – Par YPM, InfoHaïti.net- La compagnie de croisières Royal Caribbean a officiellement prolongé la suspension de ses escales à Labadee jusqu’à la fin de l’année 2026, invoquant la dégradation persistante de la situation sécuritaire dans le pays. Cette décision est lourde de conséquences pour le nord d’Haïti.

Cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’avertissement de niveau 4 — « Ne voyagez pas » — maintenu par le département d’État américain, en raison de la violence des gangs, des enlèvements et de l’instabilité politique qui affectent Haïti depuis plusieurs années.

Située sur la côte nord, Labadee est une destination balnéaire privée louée par Royal Caribbean. Réservée exclusivement aux passagers de la compagnie, elle constituait jusqu’ici une enclave touristique relativement protégée du reste du pays, avec plages aménagées, activités nautiques, marché artisanal et l’une des plus longues tyroliennes de la région. Malgré cet isolement logistique et sécuritaire, la compagnie estime désormais que le contexte national ne permet plus de garantir des escales sans risque.

Pour les croisiéristes, l’impact demeure limité. Les itinéraires concernés sont réajustés vers d’autres ports de la Caraïbe, notamment Nassau aux Bahamas, Grand Turk aux îles Turques-et-Caïques ou Cozumel au Mexique.

En revanche, les répercussions économiques sont significatives pour Haïti. Labadee représentait une source de revenus essentielle pour des centaines de travailleurs haïtiens, dont des employés du site, des artisans, des prestataires de services et des fournisseurs indirects. Royal Caribbean demeure par ailleurs l’un des rares investisseurs touristiques encore actifs dans le pays, contribuant à l’emploi local ainsi qu’au versement de taxes et de redevances à l’État haïtien.

Dans le Nord, cette suspension prolongée accentue une crise économique déjà profonde. La fermeture de facto de Labadee prive la région d’un flux régulier de devises et réduit encore les perspectives de relance d’un secteur touristique quasiment à l’arrêt depuis plusieurs années.