
Chelsea (Boston) – Mardi 5 Mai, 2026 – Par YVES CAJUSTE, InfoHaïti.net – La Députée fédérale démocrate pour le 7ème District du Massachusetts Ayanna Pressley a célébré hier à Chelsea l’octroi de 922 000 dollars de financement fédéral en faveur du programme « Managing Trauma in Corrections » de Roca Inc., une initiative destinée à accompagner des jeunes confrontés à l’incarcération et à mieux prendre en charge les traumatismes au sein du système correctionnel.
La visite de l’élue, organisée autour d’une table ronde, d’échanges avec des familles et d’une conférence de presse, a mis en lumière le modèle communautaire développé depuis plusieurs décennies par l’organisation dans le Massachusetts. Mme Pressley a présenté ce financement comme le fruit d’un partenariat construit « à partir des besoins exprimés par les communautés », soulignant l’importance du soutien aux structures de terrain engagées dans la lutte contre la violence, la pauvreté et la récidive.
« Les jeunes n’ont pas besoin de sauveurs, ils ont besoin de personnes qui croient en eux », a déclaré la parlementaire, saluant le travail de proximité mené par Roca auprès de jeunes adultes souvent marginalisés et éloignés des institutions. Selon elle, ces investissements fédéraux permettent de consolider des dispositifs capables d’établir des relations durables avec les jeunes et leurs familles.
Les fonds, approuvés dans le cadre du budget fédéral 2024 signé sous la présidence de Joe Biden, ont notamment servi à renforcer les programmes de thérapie cognitivo-comportementale (CBT) de l’organisation. Le sigle CBT, pour Cognitive Behavioral Therapy, désigne une approche thérapeutique visant à aider les participants à mieux comprendre leurs réactions émotionnelles, gérer le stress et modifier certains comportements impulsifs ou violents.
Roca a adapté cette méthode dans un programme baptisé « Rewire CBT », destiné aux jeunes adultes confrontés aux traumatismes, à la violence de rue, aux gangs ou encore à l’exclusion sociale. L’objectif est d’aider les participants à transformer progressivement des mécanismes de réaction développés dans des contextes marqués par la violence chronique. L’accompagnement est assuré directement sur le terrain, au sein des quartiers « difficiles » et des communautés, plutôt que dans un cadre clinique traditionnel.
La fondatrice et directrice générale de l’organisation, Molly Baldwin, a indiqué que plus de 1 000 jeunes avaient déjà bénéficié du programme, aussi bien dans les communautés locales qu’au sein du système correctionnel. Plus de la moitié des participants auraient suivi les ateliers « Rewire CBT », axés sur la régulation émotionnelle, la réduction du stress et la prévention des comportements à risque. Selon Mme Baldwin, plus de 1 000 policiers et agents correctionnels ont également été formés à cette approche dans plusieurs institutions correctionnelles du Massachusetts.
Au cours de la rencontre, plusieurs bénéficiaires ont évoqué des parcours marqués par la violence, l’anxiété, la dépendance ou l’instabilité sociale. Certains ont expliqué que l’accompagnement reçu leur avait permis de retrouver une forme de stabilité, de reprendre des études ou de s’engager à leur tour dans des initiatives communautaires. D’autres ont insisté sur la persévérance des intervenants sociaux, dont la présence régulière, malgré des refus initiaux, aurait joué un rôle déterminant dans leur réinsertion.
Interrogée sur les critères d’attribution des financements fédéraux, Mme Pressley a précisé que les projets étaient sélectionnés à l’issue d’un processus de candidature public, puis examinés par les commissions budgétaires du Congrès. Depuis son arrivée au Capitole, l’élue affirme avoir contribué à l’obtention de près de 43 millions de dollars pour des initiatives liées à l’éducation, à la santé communautaire et à la prévention de la violence.
Mme Pressley et Molly Baldwin ont enfin alerté sur les difficultés croissantes auxquelles font face les organisations à but non lucratif dans un contexte de réduction des financements publics et d’augmentation des besoins sociaux. La parlementaire a estimé que « la philanthropie ne peut remplacer le rôle du gouvernement fédéral » dans le soutien aux populations les plus vulnérables.




