
Boston, 2 février 2026 – PAR YVES CAJUSTE, InfoHaïti.net – La maire de Boston, Michelle Wu, a annoncé ce matin, lors d’une rencontre tenue au restaurant « Ama at the Atlas » à Allston, une série de réformes visant à simplifier les procédures d’obtention des permis municipaux, réaffirmant la volonté de la Ville de réduire les obstacles administratifs et financiers auxquels font face les résidents et les petites entreprises.
Entourée de la présidente du Boston City Council, Liz Breadon, du directeur des systèmes d’information, Santiago Garces, de la commissaire des services d’inspection, Tania Del Rio, ainsi que de Biplaw Rai, propriétaire de l’établissement Ama at the Atlas, et de plusieurs employés du restaurant, Michelle Wu a présenté une démarche visant à rendre l’action municipale « plus simple, plus rapide et plus accessible ». « Oui, c’est officiel : les permis doivent devenir plus faciles à obtenir », a-t-elle déclaré, soulignant le caractère pleinement assumé des réformes engagées par son administration.

Selon la maire, son administration mène depuis plusieurs mois un effort soutenu pour moderniser des procédures jugées « obsolètes et inutilement complexes ». « Notre objectif est de faire de Boston le meilleur endroit pour créer et développer des entreprises, le plus simple pour les familles et les entrepreneurs afin qu’ils puissent prospérer », a-t-elle affirmé.
Alléger la relation avec l’administration
Michelle Wu a reconnu que les démarches auprès de l’administration municipale restent souvent associées à un sentiment d’anxiété. « La simple idée d’aller à City Hall suscite chez beaucoup une réaction de stress », a-t-elle observé. « Nous voulons transformer cette expérience pour qu’elle devienne un point d’accès à davantage de soutien, et non un parcours d’obstacles. »
La réforme des permis s’inscrit ainsi dans une philosophie plus large de réduction de la « paperasserie » et de réorientation de l’action municipale vers l’accompagnement des projets. « Lorsque vous contactez les services municipaux, vous devez sentir que nous sommes là pour vous aider, pas pour vous compliquer la tâche », a insisté la maire.
Un levier pour les petites entreprises
Le discours a été prononcé à Ama at the Atlas, ce nouveau restaurant présenté comme un symbole de la stratégie municipale de revitalisation économique dans des quartiers longtemps restés en marge du développement. Michelle Wu a rappelé le rôle structurant des restaurants et commerces de proximité dans la cohésion sociale et la vitalité économique de la ville. « Chaque investissement dans nos entreprises locales profite à l’ensemble de la communauté », a-t-elle souligné.
Évoquant son parcours personnel, la maire a rappelé avoir travaillé dès ses débuts à City Hall sur la réforme des permis de restauration, mais aussi avoir elle-même connu les difficultés liées à la création d’une très petite entreprise familiale. Elle a décrit l’incertitude financière, les délais administratifs et la pression quotidienne qui pèsent sur les entrepreneurs. « Je connais leur ténacité, leurs sacrifices, et le potentiel qu’ils apportent à nos quartiers », a-t-elle déclaré.
Une approche centrée sur les besoins des usagers
Au cœur de la réforme figure la refonte du portail (numérique) municipal des permis. « Nous avons réorganisé toute notre approche autour d’une question simple : que cherchez-vous à faire et comment pouvons-nous vous aider ? », a expliqué Michelle Wu, rompant avec une logique fondée sur la multiplication des formulaires et des services cloisonnés.
Le site boston.gov/permitting a ainsi été repensé pour correspondre aux usages réels des habitants et des entrepreneurs. Une fois la démarche engagée, a promis la maire, « Mon administration accompagnera les demandeurs au lieu de se dresser sur leur chemin ».
Mesures déjà engagées
Plusieurs mesures concrètes ont été détaillées. Depuis le début de l’année, les établissements de moins de 50 places sans service d’alcool sont exonérés des frais de renouvellement de leur certificat d’inspection. Une décision destinée, selon la maire, à « alléger à la fois les coûts et la charge administrative » pour les petits cafés, restaurants et espaces communautaires.
Les services municipaux ont également simplifié les procédures relatives à la sécurité incendie. Les entreprises utilisant du mobilier rembourré peuvent désormais fournir directement les certifications délivrées par les fabricants, attestant de la conformité aux normes nationales en vigueur. Lorsque des tests municipaux restent requis, leur durée a été réduite à un délai maximal d’une semaine, contre plusieurs semaines auparavant.
Autre avancée annoncée : la numérisation progressive des démarches. Dans les prochains mois, la demande de certificat d’occupation pourra être déposée en ligne pour la première fois, rendant l’ensemble des procédures relevant des services d’inspection accessibles sans déplacement physique.
Parallèlement, les services municipaux augmentent leurs capacités afin d’accélérer les examens de sécurité incendie, dans l’objectif de résorber un goulot d’étranglement identifié de longue date.
Licences de vente d’alcool : une réforme structurelle
Michelle Wu a également fait le point sur les licences de vente d’alcool, longtemps considérées comme un frein majeur à l’ouverture de restaurants à Boston. Pendant des décennies, les entrepreneurs devaient acquérir des licences existantes à des prix dépassant souvent le demi-million de dollars, favorisant une concentration géographique de l’offre.
À l’issue d’un travail mené avec l’État du Massachusetts, l’administration municipale a obtenu l’autorisation de distribuer gratuitement 225 nouvelles licences. Depuis l’an dernier, 64 licences ont déjà été attribuées dans 14 quartiers, contribuant à une diversification de l’offre de restauration et des lieux de sociabilité à l’échelle de la ville.
« Des licences restent disponibles », a précisé la maire de Boston, Michelle Wu, invitant les porteurs de projets à se renseigner et à solliciter l’accompagnement des services municipaux.
Un choix politique assumé
En conclusion, la maire a inscrit ces réformes dans un contexte économique national qu’elle estime défavorable aux petites entreprises. « Alors que le gouvernement fédéral met en place de nouvelles barrières qui compliquent la tâche des entrepreneurs, Boston fait le choix inverse », a-t-elle déclaré. « Nous réduisons les obstacles et facilitons la construction, la croissance et la création. »
Michelle Wu a enfin souligné que ces annonces s’inscrivent dans une dynamique appelée à se poursuivre. « Notre ambition est que l’action municipale fonctionne en phase avec l’expérience concrète des usagers », a-t-elle conclu, « afin de les accompagner dans leurs démarches, et non d’entraver leurs projets ».




