Mirebalais / Saut-d’Eau, 31 mars 2026 – Par YPM, InfoHaïti.net – Un an après l’irruption violente de groupes armés dans les communes de Mirebalais et de Saut-d’Eau, la situation sécuritaire demeure profondément dégradée. Le 31 mars 2025, des hommes armés se réclamant des « Taliban », dirigés par un individu connu sous le nom de Jeff Gwo Lwa, ainsi que des membres d’un gang basé à Croix-des-Bouquets, conduit par « Lanmò san jou », lançaient des attaques coordonnées contre ces localités du Centre.
Cette offensive a entraîné une spirale de violences meurtrières. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées dans des circonstances tragiques, certaines ciblées, d’autres prises dans des tirs indiscriminés. Parallèlement, d’importants dégâts matériels ont été enregistrés : des centaines d’habitations ont été incendiées, contraignant de nombreuses familles à tout abandonner.
Face à cette insécurité persistante, des milliers d’habitants ont fui leurs domiciles pour se réfugier dans des zones avoisinantes. Nombre d’entre eux vivent encore dans des conditions précaires, exposés à l’insécurité alimentaire, aux maladies et à un manque d’accès aux services de base. La fermeture de l’Hôpital universitaire de Mirebalais, principal centre de soins de la région, illustre l’ampleur de la crise sanitaire. Privées de prise en charge médicale, des dizaines de milliers de personnes se retrouvent sans recours.
Un an après les faits, l’absence d’une réponse étatique efficace continue d’alimenter l’inquiétude. Les groupes armés conservent une liberté de mouvement importante et maintiennent leur emprise sur plusieurs zones. La présence des forces de l’ordre, limitée notamment à la zone de Sarazin où une base a été installée, apparaît insuffisante pour enrayer l’expansion de ces réseaux criminels.
Dans ce contexte, Mirebalais et Saut-d’Eau demeurent emblématiques de la crise sécuritaire que traverse Haïti, marquée par un climat d’insécurité généralisée, un affaiblissement des institutions et une urgence humanitaire croissante.





