
Boston, Massachusetts, State House, 29 janvier 2026 – PAR YVES CAJUSTE, InfoHaïti.net – La Présidente-Directrice Générale (PDG) du Brockton Neighborhood Health Center, Maria Celli (PsyD), qui s’exprimait au nom de la Massachusetts League of Community Health Centers, a mis en garde jeudi contre les effets négatifs des opérations fédérales de contrôle migratoire sur l’accès aux soins. Selon elle, le climat de peur lié aux interventions de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) constitue une menace directe pour la santé publique dans le Massachusetts.
Dr Maria Celli s’exprimait au State House lors d’une conférence de presse organisée par la gouverneure Maura Healey, consacrée à l’annonce de nouvelles mesures législatives et réglementaires visant à encadrer strictement les interventions d’ICE dans les lieux dits « sensibles ». Elle a livré le point de vue des centres de santé communautaires, dont la patientèle est majoritairement composée d’immigrés et de personnes issues des minorités.
Psychologue de formation, la PDG du BNHC dirige un centre de santé communautaire qui assure le suivi de près de 40 000 patients à Brockton et dans les communes environnantes. L’établissement y dispense plus de 200 000 consultations par an, couvrant un large éventail de services, notamment les soins primaires, la santé mentale, l’obstétrique, le traitement des addictions, la dentisterie et la prise en charge des maladies infectieuses.

« Nous sommes bien plus qu’un prestataire de soins de santé: nous sommes un pilier de confiance pour les communautés que nous servons », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance de l’accès, de la confiance et de l’engagement des patients. « Toute interruption de l’accès aux soins, y compris celles liées à la peur des actions en matière d’immigration, constitue un problème pour l’ensemble de la société », a-t-elle ajouté.
Selon Maria Celli, la crainte de l’application des lois migratoires dissuade certains patients de consulter, transformant des pathologies traitables en affections graves, parfois mortelles. Elle a cité des retards de dépistage conduisant à des diagnostics tardifs de cancers, entraînant des souffrances évitables, une hausse des coûts de santé et un creusement des inégalités.
Elle a également alerté sur les conséquences collectives de ces ruptures de soins : propagation accrue des maladies infectieuses, aggravation des maladies chroniques telles que le diabète ou l’hypertension, et afflux de patients vers les services d’urgence pour des situations qui auraient pu être prises en charge en amont.
La directrice a rappelé que les centres de santé communautaires accueillent quotidiennement des immigrés — parents, enfants et personnes âgées — qui contribuent activement aux économies locales. Elle a aussi souligné que nombre de professionnels de santé employés dans ces structures sont eux-mêmes issus de l’immigration. « Beaucoup de nos soignants immigrants représentent le meilleur de ce Commonwealth et de ce pays », a-t-elle affirmé.
Se définissant comme une fière immigrée, Dr Maria Celli a plaidé pour la dignité humaine et pour des politiques publiques réduisant la pression qui pèse sur les soignants. « N’ajoutons pas de la peur à un personnel déjà soumis à de fortes contraintes », a-t-elle insisté.
Elle a conclu en estimant que l’accès à des soins sûrs et rapides constitue un pilier essentiel de la santé et de la stabilité des communautés, saluant les initiatives de l’exécutif du Massachusetts visant à préserver cet accès et à renforcer la confiance dans les institutions.




