Boston – 9 Mars 2025 – REPORTAGE- YVES CAJUSTE, InfoHaïti.net – Les lycées publics de Boston ont atteint en 2025 leur taux de aux examens de fin d’études secondaires le plus élevé jamais enregistré, ont annoncé la maire de la ville, Michelle Wu, et la surintendante des Boston Public Schools (BPS), Mary Skipper, lors d’une conférence de presse organisée à la Dearborn STEM Academy.

Selon les données communiquées par le Département de l’éducation primaire et secondaire du Massachusetts (DESE), le taux de diplomation de la promotion 2025 s’établit à 81,3 %, soit le niveau le plus élevé depuis que l’État a commencé à publier ces statistiques en 2006. Au total, 3 377 élèves ont obtenu leur diplôme, soit environ 400 de plus que l’année précédente.
Les responsables municipaux ont également fait état d’une baisse notable du taux de décrochage scolaire, qui atteint l’un des niveaux les plus faibles observés dans l’histoire du district.
« Il n’y a rien de plus inspirant que de voir nos élèves entrer chaque matin dans leurs écoles, prêts à apprendre et à construire leur avenir », a déclaré Michelle Wu, saluant le travail des élèves, des enseignants et des familles qui ont contribué à cette progression.
La maire a souligné que ces résultats reflètent l’engagement des communautés éducatives et les investissements réalisés ces dernières années pour renforcer les parcours scolaires et les perspectives d’avenir des élèves.
Les autorités scolaires indiquent que les progrès ont été enregistrés dans l’ensemble des groupes d’élèves du district, avec des gains particulièrement marqués chez les élèves multilingues, dont le taux de diplomation a progressé de cinq points de pourcentage.
Pour Michelle Wu, ces résultats s’inscrivent dans une stratégie visant à faire de Boston une ville où chaque famille peut se projeter dans l’avenir.
« Si Boston veut être une ville pour tous, nos écoles publiques doivent être un lieu où chaque élève et chaque famille se sentent accueillis et soutenus », a-t-elle affirmé.
Développement des parcours universitaires et professionnels
Les responsables municipaux attribuent en partie cette progression à l’expansion des programmes permettant aux élèves de préparer plus tôt leur avenir académique ou professionnel.
Les Ecoles publiques de Boston ont ainsi élargi l’offre de cours Advanced Placement (AP), notamment en recherche, en études afro-américaines, en pré-calcul et en informatique.
Les programmes Early College, qui permettent aux lycéens de suivre des enseignements de niveau universitaire et d’obtenir des crédits avant l’obtention du diplôme, ont également connu une forte croissance. Selon la mairie, le nombre d’élèves inscrits dans ces programmes est aujourd’hui plus de cinq fois supérieur à celui observé il y a quatre ans.
Ces initiatives sont menées en partenariat avec plusieurs établissements d’enseignement supérieur, dont Bunker Hill Community College, Roxbury Community College, UMass Boston et le Wentworth Institute of Technology.
La municipalité a également lancé l’initiative Future BOS, visant à garantir un emploi d’été rémunéré à chaque élève des écoles publiques qui en fait la demande.
Selon Michelle Wu, les données montrent que les élèves engagés dans ces parcours universitaires et professionnels ont davantage de chances d’obtenir leur diplôme et de poursuivre des études supérieures.

Des efforts ciblés pour réduire le décrochage
La Surintendante Mary Skipper a pour sa part mis en avant les dispositifs mis en place pour lutter contre le décrochage scolaire.
Elle a notamment évoqué le rôle du Re-Engagement Center, un programme destiné à reprendre contact avec les élèves ayant quitté l’école ou risquant d’abandonner leur scolarité.
« Il s’agit parfois d’aller rencontrer les familles, de comprendre les difficultés rencontrées par les élèves et de leur proposer des solutions adaptées pour les aider à reprendre leur parcours scolaire », a expliqué Mme Skipper.
Selon elle, le district a également identifié certains groupes d’élèves particulièrement exposés au décrochage, notamment les élèves multilingues et ceux bénéficiant de services d’éducation spécialisée.
Pour répondre à ces défis, les Boston Public Schools ont développé des programmes éducatifs alternatifs et des dispositifs de soutien destinés aux élèves en difficulté, ainsi que des possibilités de rattrapage de crédits scolaires pour ceux qui prennent du retard dans leur cursus.

L’exemple de la Dearborn STEM Academy
Le choix de la Dearborn STEM Academy pour cette annonce vise à illustrer les progrès réalisés dans certains établissements du district.
Sa directrice, Darlene Marcano, a indiqué que l’école, qui accueille des élèves de la 7e à la 12e année, a enregistré des améliorations significatives ces dernières années.
Depuis 2022, l’établissement a ainsi progressé de 14 points dans l’indice de performance du DESE et enregistré des gains dans les évaluations MCAS, notamment en anglais et en sciences au niveau intermédiaire.
L’école a également amélioré ses indicateurs d’assiduité et réduit son taux de décrochage scolaire.
Selon Mme Marcano, près d’un tiers des élèves de la 10e à la 12e année participent désormais aux programmes Early College, avec un taux de réussite de 93 %.
Grâce aux crédits académiques obtenus avant l’entrée à l’université, ces programmes ont permis aux familles d’économiser plus de 1,3 million de dollars en frais de scolarité universitaire depuis 2022.
« Notre objectif est de garantir que chaque élève, quelle que soit son origine ou son parcours, ait accès à une éducation de qualité et à des opportunités réelles de réussite », a déclaré la directrice.
Un diplôme considéré comme un point de départ
Pour les responsables éducatifs, les progrès enregistrés doivent être considérés comme une étape dans un processus plus large visant à améliorer l’expérience éducative des élèves.
Mary Skipper a rappelé que les statistiques scolaires ne doivent pas faire oublier la réalité humaine qu’elles recouvrent.
« Derrière chaque chiffre se trouvent des élèves qui représentent l’avenir de notre ville », a-t-elle déclaré, invitant les jeunes à poursuivre leurs ambitions académiques et professionnelles.
La maire Michelle Wu a pour sa part insisté sur le fait que l’obtention du diplôme de fin d’études secondaires ne constitue pas l’aboutissement du parcours éducatif.
« Le diplôme n’est pas la fin du chemin. C’est le début de nouvelles opportunités que nous voulons rendre accessibles à tous les jeunes de Boston », a-t-elle affirmé.





