Port-au-Prince, 22 janvier 2026 – InfoHaïti.net (Sources combinées) – Les États-Unis ont adressé une mise en garde ferme aux dirigeants de la transition haïtienne, affirmant qu’ils pourraient prendre des mesures contre toute initiative politique jugée déstabilisatrice, à l’approche d’échéances institutionnelles majeures dans un pays miné par la violence des gangs et l’absence d’élections depuis près d’une décennie.
Dans un message publié mercredi soir sur le réseau social X, l’ambassade américaine en Haïti a averti que toute personne soutenant une manœuvre susceptible de fragiliser davantage l’État serait considérée comme agissant « contre les intérêts des États-Unis, de la région et du peuple haïtien », et s’exposerait à des « mesures appropriées ». Washington estime qu’une telle démarche favoriserait indirectement les gangs armés, alors que la priorité reste l’établissement d’un « minimum de sécurité et de stabilité ».
Cette déclaration intervient sur fond de tensions internes au sein du Conseil présidentiel de transition (CPT), organe non élu mis en place en avril 2024 pour tenter de sortir Haïti de l’impasse institutionnelle. Plusieurs de ses membres seraient en désaccord avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, sans que les raisons précises n’aient été rendues publiques. Le Conseil s’est réuni à huis clos mercredi puis jeudi. Le bureau du Premier ministre a indiqué ne pas être en mesure de commenter.
Jeudi soir, le Bureau des affaires de l’hémisphère occidental du département d’État américain a durci le ton, imputant l’instabilité chronique d’Haïti à des « politiciens corrompus » qui, selon lui, utilisent gangs et groupes armés pour semer le chaos avant de revendiquer un rôle au pouvoir. « La véritable stabilité viendra lorsque les dirigeants politiques tireront leur légitimité du soutien des électeurs plutôt que de leur capacité à provoquer le désordre », a-t-il écrit.
Face à ces critiques, le coordonnateur du CPT, Laurent Saint-Cyr, a appelé au calme. Dans un communiqué, il s’est opposé à toute initiative susceptible de compromettre la stabilité gouvernementale à l’approche du 7 février, date à laquelle le Conseil est provisoirement censé se retirer. Il a mis en garde contre des décisions « à courte vue » risquant de fragiliser la continuité de l’État.
Haïti est plongé dans une crise profonde depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021. Les gangs contrôlent aujourd’hui une grande partie de Port-au-Prince, tandis que les élections, prévues en principe pour 2024, ont été repoussées en raison de l’insécurité persistante. La communauté internationale continue d’exhorter les acteurs haïtiens à engager une transition crédible vers un retour à l’ordre constitutionnel.





