Boston, State House- 30 Janvier 2026 – PAR YVES CAJUSTE, InfoHaïti.net – La gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, a exhorté ce vendredi i l’administration fédérale à prolonger le statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens vivant et travaillant aux États-Unis, soulignant leur rôle « essentiel » dans l’économie de l’État, en particulier dans le secteur de la santé.
Dans une lettre adressée à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, la gouverneure a rappelé que le Massachusetts accueille l’une des plus importantes communautés haïtiennes du pays, avec plus de 45.000 bénéficiaires du TPS. Nombre d’entre eux résident dans l’État « depuis plus d’une décennie », certains depuis avant la première désignation d’Haïti au programme TPS en 2010, a-t-elle souligné.
« Les titulaires haïtiens du TPS sont des contributeurs indispensables à notre main-d’œuvre, occupant des fonctions vitales pour la stabilité et la croissance économiques de l’État du Massachusetts», écrit Maura Healey, mettant en garde contre les conséquences « dévastatrices » qu’entraînerait une perte soudaine de leur statut légal et de leur autorisation de travail.
La gouverneure insiste particulièrement sur le secteur de la santé, où de nombreux Haïtiens détenteurs du TPS exercent comme infirmiers, aides à domicile, assistants certifiés en soins infirmiers, techniciens ou personnels de soutien. Ils travaillent dans des hôpitaux, des centres de santé communautaires, des maisons de retraite et des services de soins à domicile, des structures déjà confrontées à de graves pénuries de main-d’œuvre, lit-on dans un communiqué parvenu à InfoHaïti.nret
Une fin brutale du TPS pour ces travailleurs aggraverait les tensions existantes, avec des répercussions directes sur les coûts de santé, l’accès aux soins et la capacité globale du système à répondre aux besoins de la population, avertit encore la gouverneure. Le Massachusetts, à l’instar d’autres États, peine déjà à recruter et à fidéliser du personnel qualifié dans les métiers du soin et de l’accompagnement.
Au-delà du Massachusetts, l’impact économique des Haïtiens éligibles au TPS est également significatif à l’échelle nationale. Selon les données citées par l’administration Healey-Driscoll, ces travailleurs contribuent à hauteur de 4,4 milliards de dollars par an à l’économie américaine. Ils paient des impôts, cotisent à la Sécurité sociale et à Medicare, et injectent leurs revenus dans les économies locales à travers la consommation.
Beaucoup sont propriétaires de leur logement et parents d’enfants citoyens américains, a rappelé Maura Healey, soulignant l’ancrage durable de ces familles dans les communautés où elles vivent. Une remise en cause de leur statut aurait, selon elle, des conséquences humaines et sociales majeures, bien au-delà de la seule question migratoire.
La gouverneure a également mis en avant la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti, estimant que les conditions ayant justifié l’octroi du TPS il y a seize ans demeurent largement inchangées. Instabilité politique persistante, violences généralisées, crises humanitaires répétées et accès limité aux services de base continuent de marquer le quotidien de la population haïtienne, a-t-elle écrit, plaidant pour le maintien de protections jugées « indispensables ».
Mesures législatives annoncées au Massachusetts
Cette prise de position intervient au lendemain de l’annonce, par l’administration Healey-Driscoll, d’une série de mesures législatives et réglementaires destinées à renforcer la protection des résidents du Massachusetts face aux interventions des services fédéraux de l’immigration, notamment l’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE). Ces initiatives visent à encadrer strictement les actions des autorités fédérales dans les lieux dits « sensibles », tels que les écoles, les hôpitaux, les lieux de culte ou les centres de services sociaux.
Selon la gouverneure, ces propositions ont pour objectif de garantir que les forces de l’ordre locales et les institutions publiques de l’État ne soient pas utilisées comme relais d’actions migratoires jugées abusives, tout en assurant le respect des droits fondamentaux et de l’état de droit. Maura Healey affirme vouloir préserver un climat de confiance entre les communautés immigrées et les services publics, condition jugée essentielle à la sécurité, à la santé publique et à la cohésion sociale.





