
« Le Massachusetts a montré la voie de la liberté et du progrès dans ce pays. Ce n’est pas seulement notre histoire, c’est ce que nous sommes. C’est notre ADN » Maura Healey
Boston (State House) – 22 Janvier 2026- PAR YVES CAJUSTE, InfoHaiti.net –
(Premier reportage d’une série de trois)
La gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, a prononcé son discours sur l’état du Commonwealth dans un climat marqué par de fortes tensions économiques, une polarisation politique accrue à Washington et des inquiétudes persistantes autour du coût de la vie et de la sécurité publique.
Présentant le Massachusetts comme à la fois le berceau historique de la démocratie américaine et un rempart face aux dérives nationales actuelles, elle a détaillé les priorités de son administration, articulées autour de l’accessibilité économique, de la protection des droits et de la cohésion sociale.

S’exprimant devant les 200 membres du Parlement (160 Députés et 40 Sénateurs), les élus des municipaux et à l’échelle de l’Etat réunis à la salle d’audience de la Chambre législative, Maura Healey a inscrit son propos dans une perspective historique, à l’approche du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis. « L’histoire de l’Amérique a commencé ici », a-t-elle rappelé, soulignant que le Massachusetts avait été le théâtre d’un engagement populaire décisif. « Des fermiers, des charpentiers, des commerçants ou des tenanciers de tavernes ont tout risqué pour défendre ce en quoi ils croyaient », a-t-elle déclaré, évoquant une population animée à la fois par la crainte et par la détermination.
Cet héritage révolutionnaire demeure, selon elle, au cœur de l’identité de l’État. « Le Massachusetts a montré la voie de la liberté et du progrès dans ce pays. Ce n’est pas seulement notre histoire, c’est ce que nous sommes. C’est notre ADN », a insisté la gouverneure. Rendant hommage aux élus disparus au cours de l’année et saluant les anciens gouverneurs, les élus locaux, les travailleurs, les entrepreneurs, les communautés religieuses et les familles de militaires, elle a affirmé que « les habitants du Massachusetts sont solides, intelligents et attentifs les uns aux autres », estimant que « dans ce moment précis, ce que nous sommes n’a jamais été aussi important ».
La gouverneure a ensuite dressé un constat sévère de la situation économique et sociale, marquée, selon elle, par une hausse généralisée du coût de la vie. « Tout est plus cher », a-t-elle relevé, évoquant les dépenses alimentaires, l’énergie, l’équipement domestique ou encore les activités des enfants. Évoquant son histoire personnelle, elle a rappelé avoir vu sa grand-mère « découper des coupons » et sa mère, « tard le soir, inquiète face à une pile de factures ».
Pour Maura Healey, la lutte contre la cherté de la vie devrait constituer « la priorité de chaque élu aux États-Unis ». « C’est certainement la mienne », a-t-elle assuré, avant de critiquer ouvertement les politiques fédérales. Accusant Washington d’aggraver la situation, elle a dénoncé des choix économiques qui, selon elle, « font grimper les prix » à travers les droits de douane et « amputent le système de santé de milliers de milliards de dollars ». Elle a également mis en garde contre les conséquences sociales de ces orientations, évoquant des seniors menacés de perdre l’accès à l’alimentation ou au chauffage, des anciens combattants privés de services essentiels et des familles LGBT inquiètes pour les droits de leurs enfants.
Sur le terrain des libertés civiles, la gouverneure a vivement dénoncé les opérations des services fédéraux de l’immigration. « Des agents masqués sont envoyés par milliers dans les villes et les États », a-t-elle affirmé, évoquant des personnes tuées ou blessées, des arrestations d’innocents et « des parents arrachés à leur voiture sous les cris de leurs enfants ».
Citant plusieurs cas survenus dans le Massachusetts, elle a mentionné l’arrestation d’un lycéen se rendant à un entraînement sportif et la déportation d’une étudiante vers un pays qu’elle avait quitté enfant. « Des enfants sont utilisés comme appâts pour faire sortir leurs parents de chez eux », a-t-elle dénoncé, décrivant un climat de peur dissuadant certaines familles d’envoyer leurs enfants à l’école ou de consulter un médecin.
Forte de son expérience d’ancienne procureure générale de l’État, Maura Healey a estimé que ces pratiques « ne rendent pas la société plus sûre ». « Cela ne devrait pas se passer ainsi et cela doit cesser », a-t-elle martelé.
Concluant cette séquence de son discours, la gouverneure a réaffirmé la détermination du Massachusetts à rester fidèle à ses valeurs fondamentales. « C’est le Massachusetts. Nous ne reculons pas. Nous veillons les uns sur les autres. Nous défendons ce en quoi nous croyons, et nous ne changerons jamais qui nous sommes », a-t-elle assuré.




