Du pré-K à l’université, le Dr Patrick Tutwiler dresse l’état de l’éducation dans le Massachusetts

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Du pré-K à l’université, le Dr Patrick Tutwiler dresse l’état de l’éducation dans le Massachusetts

Boston – Jeudi 29 Janvier 2026 – InfoHaïti.net – Le secrétaire à l’Éducation du Massachusetts, Patrick Tutwiler, a présenté jeudi un tableau détaillé et volontariste de l’état du système éducatif de l’État, mettant en avant des investissements qualifiés d’« historiques » dans la petite enfance, l’enseignement primaire et secondaire, ainsi que l’enseignement supérieur. Il s’exprimait lors du sommet annuel du Rennie Center for Education Research and Policy, à Boston.

De gauche à droite : Les 3 Commissaires à lÉducation du Massachusetts : Noe Ortega (Enseignement Supérieur, Pedro Martinez (Enseignement primaire et secondaire) et Amy Kershaw (enseignement et soins de la petite-enfance)

Dans son discours, Dr Tutwiler a inscrit son propos dans la continuité de l’action de l’administration Maura Healey–Driscoll, rappelant les trois principes fondateurs définis dès le début du mandat : « stabiliser, guérir et transformer ». « Si le travail est loin d’être achevé, nombre de secteurs éducatifs ont retrouvé une certaine stabilité, amorcé une reprise significative et, dans certains cas, avancé vers des approches innovantes grâce à des investissements sans précédent », a-t-il déclaré.

Petite enfance : consolider et élargir l’accès

Le secrétaire a longuement insisté sur l’éducation préscolaire et l’accueil de la petite enfance, un pilier central de la stratégie de l’exécutif. Lancée il y a deux ans par la gouverneure Healey, l’initiative Gateway to Pre-K vise à garantir un accès abordable, équitable et de qualité à l’éducation préscolaire. Depuis la période prépandémique, le Massachusetts a ainsi créé plus de 22 000 places supplémentaires dans le système d’accueil de la petite enfance.

Pour l’exercice budgétaire à venir, l’administration propose 1,2 milliard de dollars pour le programme d’aide financière à la garde d’enfants (Child Care Financial Assistance), afin d’aider les familles à assumer les coûts et d’assurer une rémunération équitable des prestataires. S’y ajoutent près de 37 millions de dollars destinés à la Commonwealth Preschool Partnership Initiative, avec pour objectif d’offrir un accès universel à un pré-K de haute qualité pour les enfants de quatre ans dans toutes les Gateway Cities d’ici fin 2026. Le programme Commonwealth Cares for Children serait par ailleurs maintenu à hauteur de 475 millions de dollars.

Alphabétisation précoce : enrayer les retards

Face aux difficultés persistantes en lecture dès le primaire, le secrétaire Tutwiler a souligné l’importance de Literacy Launch, une stratégie pluriannuelle visant à renforcer l’enseignement de la lecture fondé sur des données probantes, de la maternelle à la troisième année. Plus de 10 millions de dollars ont déjà été attribués cette année à 45 districts scolaires.

Pour poursuivre cet effort, l’administration propose 50 millions de dollars supplémentaires, dont 25 millions pour une troisième année de Literacy Launch et 25 millions pour un programme de tutorat intensif ciblant les élèves en difficulté, en particulier en première année. Cette initiative a déjà bénéficié à 356 écoles élémentaires à travers l’État.

Financement local : soulager les districts

Reconnaissant la pression budgétaire exercée sur les districts scolaires par l’inflation et la hausse des coûts, le secrétaire a rappelé que l’aide locale à l’éducation (Chapter 70) avait été entièrement financée ces trois dernières années, avec une augmentation cumulée de près de 242 millions de dollars dans le cadre de la Student Opportunity Act.

Le budget proposé prévoit notamment un financement record de 802,7 millions de dollars pour le mécanisme de compensation des coûts de l’éducation spécialisée (Special Education Circuit Breaker), ainsi que 154,3 millions de dollars pour le transport scolaire. Il inclut également 198 millions de dollars pour les repas scolaires gratuits universels, une aide minimale de 75 dollars par élève et 20 millions de dollars spécifiquement destinés aux écoles rurales.

Repenser le lycée et les exigences de diplôme

Estimant que « le monde évolue plus vite que le modèle traditionnel du lycée », Patrick Tutwiler a mis en avant l’initiative Reimagining High School. En 2025, plus de 80 000 lycéens – soit plus d’un quart des effectifs – ont participé à des parcours de préparation à l’enseignement supérieur et à la carrière.

L’administration propose un investissement de 53,4 millions de dollars pour étendre ces dispositifs, notamment les programmes Early College, qui permettent aux élèves de suivre des cours universitaires et d’obtenir des crédits sans frais. À l’horizon 2036, l’objectif est d’atteindre 100 000 étudiants inscrits dans ces parcours. Parallèlement, les Innovation Career Pathways continuent de se développer dans des secteurs clés tels que l’énergie propre, la santé ou les technologies de l’information.

Le secrétaire a également évoqué les travaux du K-12 Statewide Graduation Council, qui a publié en décembre des recommandations préliminaires en vue d’un cadre commun pour l’obtention du diplôme de fin d’études secondaires. Au cœur de cette démarche figure une « Vision du diplômé », mettant l’accent non seulement sur les savoirs académiques, mais aussi sur la pensée critique, l’engagement civique et la préparation socio-émotionnelle.

Enseignement supérieur : accessibilité et réussite

Enfin, Patrick Tutwiler a souligné les progrès réalisés dans l’enseignement supérieur public, portés par une expansion sans précédent de l’aide financière. Les effectifs des 29 établissements publics de l’État ont augmenté de 5,7 % entre 2024 et 2025, avec une hausse de 11,4 % dans les community colleges.

Le budget prévoit 38 millions de dollars pour les programmes Student SUCCESS, dont 10 millions pour l’Université du Massachusetts, ainsi qu’un demi-million pour lutter contre l’insécurité alimentaire sur les campus et plus de 100 millions de dollars d’augmentation du financement direct aux établissements.

Citant un récent rapport sur les revenus des diplômés, le secrétaire a rappelé qu’un diplômé de l’enseignement supérieur public gagne, cinq ans après l’obtention de son diplôme, entre 20 000 et 30 000 dollars de plus par an qu’une personne n’ayant pas poursuivi d’études supérieures. « Investir dans l’éducation, c’est investir dans la prospérité à long terme du Massachusetts », a-t-il conclu.