Saturday, July 13, 2024
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Haïti survivra, une utopie du GRAHN

Toute l’aventure a débuté le 20 janvier 2010 lorsque – 10 jours après le terrible séisme qui a frappé durement le département de l’Ouest d’Haïti en y causant des dégâts humains et matériels sans précédent – une vingtaine de personnes se sont réunies à Polytechnique Montréal pour fonder le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle : le GRAHN. Devant l’ampleur de l’intérêt manifesté par des personnes d’autres pays, nous avons eu l’idée d’étendre la portée géographique du mouvement en créant GRAHN-Monde.

Aujourd’hui, le GRAHN dispose de branches dans six pays : Canada, États-Unis, France, Haïti et Suisse. GRAHN-Monde, c’est aussi près d’une vingtaine de chapitres éparpillés dans autant de villes ou régions : Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Acul-du-Nord, Plaine-du-Nord, Milot, Port-Margot, Carice, Hinche, Cayes, Les Anglais, Saint-Marc, Gonaïves, Boston/New England, Mauricie, Montréal, Ottawa/Gatineau, Sherbrooke, Genève, Paris. C’est enfin plus de 400 membres réguliers et 12 membres institutionnels, auxquels s’ajoutent plus de 4000 sympathisants à travers le monde.

Il est opportun de se rappeler que toutes les avancées sociales et économiques que l’Humanité a connues ont été portées par des utopies qui ont fait leur chemin à travers le temps et l’espace, dans la longue durée. L’indépendance d’Haïti fut une utopie devenue réalité le 1er janvier 1804. Notre quête de cette Haïti nouvelle relève elle aussi d’une certaine utopie portée par des personnes de conviction qui acceptent de s’investir avec persévérance dans la transformation sociale positive, sans se soucier du temps que cela prendra pour que des résultats tangibles apparaissent.

Comment se définit cette Haïti nouvelle dont nous avons fait notre idéal et le moteur de notre action? Très concrètement, cette Haïti nouvelle que nous désirons serait une société démocratique, ouverte, plus inclusive, moins inégalitaire, fondée sur le droit, la solidarité, le partage, l’éducation, le culte du bien commun et la conscience environnementale. Pour rester dans l’air du temps, nous caressions – en janvier 2010 à la création du GRAHN – le rêve de contribuer à faire d’Haïti un pays émergent à l’horizon 2030, au bout d’un travail éclairé, acharné, serein, méthodique, convergent et cumulatif.

Notre déception fut grande au constat de la descente aux enfers apparemment infreinable qu’a connu le pays depuis. Cela n’a toutefois pas entamé notre détermination. Bien au contraire! Nous avons bien compris qu’il faut prendre le temps de réparer les dérives de la dernière décennie et se donner une décennie additionnelle pour reconstruire l’espoir et l’avenir. Il faut donc reporter l’échéance et viser plutôt l’horizon 2050 pour qu’Haïti devienne ce pays émergent.

Malgré le désespoir qui anime la grande majorité des Haïtiennes et des Haïtiens et l’incrédulité des pays dits amis d’Haïti, cet objectif demeure réalisable si Haïti réussit à retrouver son chemin, celui de la stabilité politique, de la raison soutenue par un certain pragmatisme, du patriotisme non démagogique, de la responsabilité citoyenne et étatique à tous les niveaux de l’organisation sociale, de l’engagement réel envers le bien commun et l’intérêt général.

Voilà donc réaffirmé en des termes plus perspectifs le travail énorme qu’a accompli le GRAHN, avec des moyens très réduits, depuis sa création en 2010. Il s’agit d’un ensemble d’actions vigoureuses et porteuses d’espoir que le groupe a menées sans relâche, malgré une conjoncture sociopolitique qui a amené plusieurs à jeter l’éponge, à renoncer au combat considéré comme déjà perdu, à désespérer du pays qui semble ne plus avoir d’avenir, à croire même que le pays pourra disparaître. Tout en comprenant le pessimisme de ces compatriotes, le GRAHN ne partage pas ce défaitisme et cet article est écrit pour l’affirmer haut et fort, pour entretenir l’espoir. Haïti survivra!

Professeur SAMUEL PIERRE, PhD.
Fondateur GRAHN-MONDE

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