Tuesday, May 21, 2024
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Le Québécois Greg Fergus est le nouveau président des Communes

Ottawa- (Sources : La Presse canadienne) – Les élus fédéraux ont arrêté leur choix sur le député libéral québécois Greg Fergus, qui devient mardi le premier président noir de la Chambre des communes, à Ottawa.

« Mon rôle en tant que président est de m’assurer que les règlements seront suivis pour que vous puissiez engager un combat que j’espère respectueux, amical, sincère et passionné dans cette Chambre », a laissé tomber le député de Hull-Aylmer lors d’un court discours du haut de sa nouvelle chaise de président.

Il succède à Anthony Rota, qui a démissionné dans la controverse pour avoir mené les élus à ovationner un ancien combattant nazi devant le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en visite à Ottawa.
Avant le vote, Greg Fergus avait axé sa campagne sur le respect mutuel et la collégialité entre parlementaires. Il a promis aux autres élus d’être « un défenseur infatigable des meilleures idées, peu importe d’où elles proviennent ». Élu pour la première fois en 2015, il a raconté avoir été passionné de politique depuis sa jeunesse avant d’occuper le travail de page à la Chambre des communes.

Comme le veut la tradition, le premier ministre et le chef de l’opposition officielle ont feint de le traîner de force sur son siège de président. La scène a donné lieu à un rare moment de complicité entre Justin Trudeau et Pierre Poilievre.
Félicité par tous

Greg Fergus a enlacé le président par intérim depuis une semaine, le député bloquiste et doyen de la Chambre, Louis Plamondon, sous les applaudissements de ses collègues. Il a été chaudement félicité par les chefs libéral et conservateur.

Avec un clin d’oeil, le premier ministre a repris le nouveau président pour avoir été appelé par erreur « honorable » au lieu de « très honorable ». Justin Trudeau a souligné que M. Fergus est le premier Canadien noir à occuper ce poste prestigieux.

Le leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, a dit croire qu’il serait un président juste. Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, l’a qualifié de « l’un des députés les plus amicaux » à Ottawa.

Bilingue, le député de l’Outaouais, au Québec, a coprésidé le Caucus des parlementaires noirs. Son collègue libéral de la circonscription de Bourassa, Emmanuel Dubourg, a tenu à souligner l’importance de voir accéder un parlementaire afro-descendant à ce poste.

« Imaginez sur nos enfants nos petits enfants, les jeunes, l’impact que ça peut avoir. De dire que c’est possible ici au Canada. En ce sens-là je suis très fier », a déclaré l’élu montréalais.

Ex-secrétaire parlementaire du premier ministre, Greg Fergus a été blâmé par le commissaire à l’éthique l’an dernier, pour avoir écrit une lettre à l’appui de la demande d’une chaîne de télévision au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), ce qui est interdit.
Un autre président libéral

M. Fergus a obtenu plus d’appuis que trois candidats qui ont déjà dirigé les travaux de la Chambre : le conservateur Chris d’Entremont qui est actuellement vice-président, ainsi que la libérale Alexandra Mendès et la néodémocrate Carol Hughes, toutes deux vice-présidentes adjointes.

Les autres députés ayant signalé leur candidature sont les libéraux Peter Schiefke et Sean Casey, et la cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May. Le député libéral Stéphane Lauzon a retiré sa candidature le matin même.

Le président est élu par un vote préférentiel de plusieurs tours qui est secret. Son issue, mardi, était donc incertaine. Le vice-président et député conservateur Chris d’Entremont avait par exemple été chaudement applaudi après avoir fait un vibrant plaidoyer pour le respect de la procédure et mis en valeur son identité acadienne de Nouvelle-Écosse.

Le chef conservateur, Pierre Poilievre, a plusieurs fois qualifié l’ex-président des Communes, Anthony Rota, de « président libéral », notamment au moment d’exiger sa démission.

Le président de la Chambre des communes a pour tâche d’arbitrer les délibérations, d’interpréter les règles, de maintenir l’ordre et de défendre les droits et les privilèges des députés. La fonction s’accompagne d’une prime de 92 800 $ et d’une résidence officielle cossue située en Outaouais, au Québec.

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