Tuesday, April 23, 2024
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Grève dans l’automobile aux Etats-Unis : « Le balancier du rapport de force revient du côté des salariés »

Washington – (Source : JOURNAL LE MONDE)-  Le syndicat UAW réclame des hausses de salaire. Les emplois manquent, les bénéfices des entreprises sont plantureux. Dans beaucoup de secteurs, nombre de salariés ont déjà bénéficié d’augmentations. Mais, après un an d’inflation, ces revendications arrivent au moment où la conjoncture se retourne, observe Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».

Bien que le mouvement de grève ait débuté la nuit dernière, les négociations pour des hausses de salaire s’allongent. Les ouvriers souhaitent une revalorisation de 36% de leur salaire échelonné sur quatre ans. Les salariés appuient sur cet aspect car cela fait deux ans qu’ils sont impactés par l’inflation. General Motors et Ford ont réalisé une dizaine de milliards de dollars de bénéfices cette année. Joe Biden estime que ces profits peuvent permettre un accord gagnant-gagnant.

Les premiers piquets se sont installés devant les usines General Motors (GM) du Missouri, Stellantis de l’Ohio et Ford du Michigan. En tout, 12 700 salariés se mettent en grève. Pour la première fois de son histoire, le syndicat américain de l’automobile United Auto Workers (UAW) entame un conflit simultané avec les trois grands constructeurs du pays.

Elle en a pourtant connu des conflits, cette organisation, née en 1935 après des années de lutte violente contre les milices patronales. La plus célèbre grève a eu lieu dans l’usine Ford de Flint, dans le Michigan, en 1936. Quarante-quatre jours de sit-in, avant de parvenir à un accord.

Aujourd’hui, ce n’est plus d’un sit-in (« assis ») dont rêve Shawn Fain, l’ambitieux patron de l’UAW, mais d’un stand-up (« debout »). « L’argent est là, la cause est juste, le monde nous regarde et l’UAW est prête à se lever », affirme-t-il avec emphase. Et c’est bien d’un redressement dont a besoin ce syndicat, qui faisait la loi dans les ateliers de l’après-guerre.

L’emploi dans l’industrie manufacturière a chuté d’un tiers par rapport à son pic des années 1970, et seulement 10 % des salariés américains sont désormais syndiqués. Les Big Three de la région des grands lacs, Chrysler (devenu Stellantis), Ford et GM restent le dernier bastion. Les constructeurs étrangers ont pris garde de s’installer dans le sud du pays, où les syndicats sont souvent interdits et les salaires plus bas.
Le conflit risque de durer

Mais Shawn Fain, fraîchement nommé à la tête de l’organisation, sait qu’il arrive à un moment critique. Les emplois manquent partout dans le pays. Le balancier du rapport de force revient du côté des salariés, qui poussent leurs revendications.

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