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Lundi 28 Août 2006 |
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Les Etats-Unis d’Amérique et la coopération culturelle avec Haïti |
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Dans le cadre de l’aide au développement qu’accordent les Etats-Unis d’Amérique à Haïti ou de sa coopération gouvernementale, la culture ne joue aucun rôle prioritaire. Du reste, elle semble absente parmi les axes de la politique et de l’action socio-économique de la grande puissance voisine : pas de maison de la culture haïtiano-américaine, pas de réels échanges artistiques entre les créateurs des deux pays par l’entremise de l’ambassade américaine ou d’une institution sous l’égide du gouvernement américain. Pour faire le point, notre collaborateur, Chenald Augustin a interviewé l’ambassadeur américain en Haïti, Janet A. Sanderson. |
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D’aucuns sont convaincus de la prédominance de l’anglais dans le monde notamment en Haïti. Pourtant, il n’existe encore aucun centre culturel à se charger d’une réelle coopération culturelle ou linguistique entre les deux États. Qu’en pensez -vous? |
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En effet, nous n’avons pas, à l’instar de la France, une politique culturelle à l’extérieur des États-Unis d’Amérique. Nous n’avons pas non plus une organisation, à l’instar de l’Organisation de la francophonie, qui se charge de la politique linguistique (anglais) à l’étranger. Cependant, nous sommes un pays où prédomine la diver-sité : ethnique, linguistique, cultu-relle… On convient bien que l’anglais est une langue universelle. Mais, il ne s’agit pas pour nous de nous verser dans la pratique de promouvoir par une politique culturelle institutionnalisée étatique, la langue anglaise. Car il existe des institutions et des organisations privées qui s’occupent de cette promotion, cette vulgarisation. Dans le passé, nous avions eu quelques cours d’anglais à l’ambassade. Ce programme a dû être interrompu à cause de notre situation budgétaire. Toutefois, j’ai remarqué que des Haïtiens parlent l’anglais avec beaucoup d’aisance. Parfois, je dirais, mieux que le français. |
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| Qu’est-ce qui est à l’origine de la suspension de ce budget alloué à ce programme linguistique, culturel ? | |||
Il n’y a pas à proprement parler, une suspension du programme. Nous avons simplement décidé de mettre l’accent sur d’autres volets de ces axes culturels à savoir l’information. Nous avons en effet un bureau des Relations publiques qui gère les informations pour l’ambassade. Nous organisons des soirées culturelles en nos locaux. On a choisi des tableaux d’artistes américains pour les exposer à la résidence de l’ambassade dans le but d’enrichir nos collections d’œuvres d’art. Nous comptons montrer la diversité, la richesse de l’art américain, ainsi que de sa photographie. Nous essayons d’établir des contacts avec toutes les couches sociales du pays. |
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| Quel est le véritable rôle de l’USIS qui, vers les années quatre-vingt, a joué un rôle important dans les rencontres culturelles, les manifestations d’échanges et de partage artistique ? | |||
Il y avait un grand changement au sein du Département d’État. Maintenant, l’Usis y est actuellement intégré. Nous nous sommes rendus compte de l’importance de l’implication de tous les employés de l’ambassade et de toutes les sections. Je crois que nous travaillons afin de faire promouvoir nos opinions, notre système éducatif. |
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| Autrefois, par l’entremise de l’Usis, des manifestations ont été souvent organisées réunissant des artistes haïtiens, à la date d’anniversaire de Martin Luther King. Qu’en est-il aujourd’hui de ce programme ? | |||
C’est bien dommage que cela n’ait pu continuer. Cela est surtout dû à la vague d’insécurité depuis quelques années. J’espère qu’il y aura un changement de la situation politique et qu’il y aura un climat de sécurité et de paix durable. Par ailleurs, l’anniversaire de Martin Luther King est toujours pour nous une date très importante. |
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On a pu constater l’absence, le 4 juillet dernier, d’activités culturelles marquant la cérémonie de commémoration de l’indépendance américaine. |
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On n’a pas eu assez de temps pour organiser ces activités. J’espère qu’il y en aura l’année prochaine. Ce sera quelque chose d’envergure. |
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Pourquoi les États-Unis n’ont pas une maison de la culture qui favoriserait l’échange, le partage entre votre pays et le nôtre ? |
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Je ne crois que ce soit nécessaire d’avoir une maison de la culture en Haïti. Il suffit d’avoir une appréciation ou d’avoir des liens entre les artistes américains et haïtiens. Katherine Dunham symbolise toute une passion pour la culture haïtienne qui a su partager avec des Haïtiens ses expériences artistiques en tant que danseuse et celles de chercheur en tant qu’anthropologue. On continuera à trouver ces Américains qui entretiennent des liens culturels avec des Haïtiens. Car, nous sommes voisins et amis. Nous avons beaucoup de choses en commun. |
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| Quels sont les liens que vous entretenez avec la culture haïtienne ? | |||
Je suis une grande admiratrice de la culture et de l’art haïtien. J’ai une collection d’œuvres picturales que j’ai achetées, dès mon arrivée comme ambassadeur aux galeries d’art de Pétion ville. J’ai fait l’acquisition de nombreux albums musicaux. Je suis tout à fait attirée par l’art haïtien. Lors de ma prise de fonction, c’était comme un coup de foudre lorsque j’ai fait connaissance de cet art ! |
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