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Vendredi 13 Juin 2008

Jean Monard Metellus - (Port-au-Prince, Haiti)

Primature / Parlement/ Echec de Robert Manuel :
René Préval souhait-il vraiment la ratification de son ami et principal conseiller politique

Robert Manuel (photo d'archives)"Il est malin et fin politicien..On ne saura sans doute jamais s'il avait voulu le maintien de Jacques-Edouard Alexis ou la ratification de Ericq Pierre ou Robert Manuel", a confié à propos du président René Préval à Infohaiti.net un sénateur sous le couvert de l'anonymat hier après-midi peu après le rejet du choix de l'ancien secrétaire d'Etat de la Sécurité Publique et aujourd'hui, principal conseiller politique du chef de l'Etat. En effet, le 12 Avril dernier, lors du vote-sanction du sénat à Jacques-Edouard Alexis, sur toutes les lèvres, la question du soutien du chef de l'Exécutif à son chef de gouvernement était posée et le député Steven Benoit, pourtant ancien beau-frère de René Préval avait claqué la porte de LESPWA estimant que le premier ministre était "largué" par celui-là même qui était supposé le soutenir.

"Mon président avait préfréré se réunir avec quatre raquetteurs (des importateurs de riz) au palais national au moment même où M. Alexis affrontait l'hostilité des sénateurs décidés à le renvoyer", avait alors déclaré le député de Pétion Ville. L'attitude peu claire de Jacques-Edouard Alexis vis à vis de son successeur désigné laissait penser que celui-là était vraiment amer pour son éviction de la primature, lui qui avait des visées présidentielles connues pour 2011. La conférence du Montana de Ericq Pierre, réalisée peu après le rejet de son choix comme premier ministre par la chambre des députés ou plutôt la Coalition des Parlementaires Progressistes(CPP) en dit long sur le soutien à demi-mot dont il avait bénéficié du président Préval et de Jacques-Edouard Alexis.

"Si le président Préval et le premier ministre Alexis avaient voulu que je sois premier ministre, je le serais aujourd'hui", avait alors dit Ericq Pierre sans plus de commentaires. Et après la séance d'hier soir à la chambre basse où Robert Manuel a connu la même fin que que Ericq Pierre, la même question refait surface. René Préval avait-il vraiment souhaité la ratification de Robert Manuel comme premier ministre ? On ne le saura jamais, comme avait dit notre interlocuteur au sénat de la République hier soir. Mais, une chose est cependant sûre; après la réunion du chef de l'Etat avec la CPP avant-hier soir au palais national, personne n'avait de doute sur l'issue du vote à venir. René Préval avait encouragé les députés à respecter scrupuleusement la constitution dans leur vote et il avait aussi déclaré qu'un "chauffeur qui n'a pas de permis ne peut être autorisé à conduire". Il faisait référence à son premeir ministre désigné qui n'avait pas de titre de propriété en Haïti (il est seulement héritier d'un immeuble ayant appartenu à son père décédé) et il n'a décidé à faire sa carte d'identification nationale qu'au lendemain de sa désignation à ce poste. Certains députés étaient hier très amers à l'encontre du chef de l'Etat qui n'a pas cherché à savoir si son candidat remplit toutes les conditions d'éligibilité avant de soumettre le choix au parlement.

"Il est facile de dire qu'on doit pas autoriser le chauffeur à conduire alors qu'on aurait pu s'asurer qu'il avait le permis avant de lui acheter la voiture", a retorqué le député Dumay Bonny.

En tout cas, l'on retiendra de la séance d'hier soir que 57 députés (CPP) avaient voté pour le rapport de la commission chargée d'étudier les dossiers de M. Manuel dont les conclusions avaient justement recommandé le rejet de la candidature de l'intéressé; 22 députés issus des partis Fusion, OPL, UNION, Alliance avaient voté contre le rapport et 6 députés du bloc UPDN se sont abstenus. Ce sont en particulier les dispositions des alinéas 4 et 5 de l'article 157 de la constitution traitant du titre de propriété et du délai de résidence dans le pays qui ont été fatales au premier ministre désigné. Le président de l'Assemblée Nationale, le sénateur Kely C. Bastien a invité le chef de l'Etat à tirer les conséquences de ses deux échecs au parlement pour s'assurer de l'éligibilité et aussi d'une majorité confortable pour le troisième candidat avant de le désigner.

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