![]() |
|||
Mercredi 6 Août 2008 |
||||
Politique : |
||||
| Jean Monard Metellus | ||||
A mesure que les jours passent, la situation devient plus préoccupante pour la première ministre ratifiée qui n’a toujours pas le soutien de la majorité absolue au sénat pour sa déclaration de politique générale. Même si hier, à sa première conférence en tant que premier ministre ratifié, Mme Michèle Duvivier avait fait preuve d’un grand optimisme en n’hésitant pas à discourir sur ce qui doit constituer les priorités de son gouvernement; même si aussi, elle a obtenu, à ce jour, les messages de félicitation de presque toutes les ambassades étrangères accréditées à Port-au-Prince, elle sait quand même, au fond d’elle-même, que la partie n’est pas totalement gagnée. A moins que, dans l’agenda du pouvoir, une installation avant même la présentation de la politique générale devant le parlement, en chambres séparées soit prévue. Dans un tel cas de figure, le chef de l’État et son nouveau chef degouvernement se mettraient dans une position où ils fragiliseraient leurs relations avec le législatif. Même si un précédent du genre existe avec l’actuel premier ministre démissionnaire (Jacques-Édouard Alexis), les parlementaires ne sont pas, parait-il, disposés à l’accepter une seconde fois d’autant que plusieurs d’entre eux, notamment au grand corps, prévoient de faire voir de toutes les couleurs à Mme Pierre Louis. Et même la Concertation des Parlementaires Progressistes (CPP) à la chambre basse dont le soutien sans faille à la directrice exécutive de la FOKAL est connu envisage de faire monter la pression si certaines têtes "indésirables"se retrouvent dans le cabinet de celle-ci. Au sénat de la république, les difficultés sont connues de tous après l’abstention de cinq membres de cette assemblée lors du vote pour la ratification du choix de Michèle Duvivier Pierre Louis. Deux de ces cinq "mousquetaires" s’obstinent à mettre en doute la moralité de la première ministre en dépit de ses démentis publics et formels sur les préférences homosexuelles qu’on lui prête. Carlos Lebon et Edmonde Supplice Beauzile ne sont pas disposés à lâcher prise aussi facilement malgré un certain assouplissement observé dans la position de leur parti politique respectif (Union et Fusion des Sociaux démocrates). Et pour ne rien arranger à la situation, Evans Paul de l’Alliance Démocratique avoue même qu’à ce jour, il n’y aurait que 12 votes sûrs au grand corps alors qu’il en faudrait au moins 16 à Mme Pierre Louis sur une assemblée qui n’en compte que 18 actuellement. Le chef de l’état n’est pas lui non plus trop pressé d’en finir car, une réunion qu’il a convoquée avant-hier au palais national s’est terminée en queue de poisson parce qu’il aurait refusé de signer avec ses invités un pacte de gouvernabilité proposé par ces derniers. Or, arguent les représentants des partis représentés au parlement, sans ce pacte, il sera impossible à l’exécutif de constituer la majorité au parlement qui lui permettra de faire passer ses programmes et ses projets de loi pour gouverner. En attendant, Michèle Duvivier Pierre Louis rencontre ce mercredi le premier ministre Jacques-Édouard Alexis qui avait pris avant-hier les rênes de la coalition politique LESPWA délaissées par un René Préval apparemment plus enclin à construire son propre groupe politique sous le label (prétexte) d’une organisation paysanne (KOZEPEP). Cela rappelle étrangement la situation d’un Jean Bertrand Aristide qui avait abandonné, au lendemain de son investiture au palais national, le FNCD qui l’avait porté au pouvoir pour former "La Fanmi Lavalas". C’est dire qu’on est "marassa" jusque dans la tombe ! |
||||
