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Dimanche 8 Août 2008

Ranmase :
Brouille entre Victor Benoit et René Préval à propos du pacte de gouvernabilité mais tout devrait rentrer dans l’ordre, rassure la FUSION

Jean Monard Metellus

Le député de la Fusion des sociaux démocrates, Saurel Jacinthe l’a bien confirmé : le président du parti, le professeur Victor Benoit était en de très mauvais terme avec le président René Préval lors de la dernière rencontre du chef de l’exécutif avec les dirigeants des partis représentés au parlement à propos d’un document dénommé « pacte de gouvernabilité » devant fixer les balises et les modalités de la participation de ces partis dans le prochain gouvernement de Mme Michèle Pierre Louis. Le parlementaire qui participait à l’émission Ranmase sur Caraïbes F.M samedi dernier à en effet indiqué que quelques propos pas franchement amicaux ont bien été échangés entre les deux hommes mais, tout était rentré dans l’ordre par la suite en dépit du fait que M. Préval ait maintenu sa position de ne pas signer ce document qui est pourtant cher aux émissaires des partis politiques.

«René Préval a estimé que la première ministre ratifiée peut elle-même s’engager pour le respect du dit document mais, pas lui », a dit le député Jacinthe. Le juriste et ancien parlementaire Samuel Madistin a émis des doutes sur la volonté de René Préval à en finir avec cette mini-crise politique vide et revient sur le débat concernant la moralité de la première ministre. « Tous ceux, y compris les parlementaires, qui ont engagé le pays sur cette voie avec un premier ministre souffrant d’un grave déficit de crédibilité et de moralité au près du public vont regretter ce choix », a prévenu Me Madistin qui est aussi revenu sur les implications de l’article 158 de la constitution traitant de la procédure de ratification du chef du gouvernement.

Tout en reconnaissant qu’il y a un flou dans cette affaire avec le terme « la procédure recommence », il croit que le bon sens penche plutôt pour la désignation d’un nouveau premier ministre au cas où Mme Pierre Louis ne franchirait pas le cap de la ratification de sa politique générale devant l’une des deux chambres du parlement. Me Emmanuel Ménard, ancien directeur de la Radio Nationale d’Haïti pense lui-même au contraire que quelque soit le cas de figure considéré, l’intéressée est bel et bien premier ministre. « Elle peut être invitée à revoir sa copie (sa politique générale) ou changer un membre du cabinet qu’elle aura choisi mais, un fait est certain, elle est première ministre », a dit le juriste qui, à l’instar de Me Madistin et de Saurel Jacinthe, a jugé normal le fait que les partis politiques cherchent à avoir des ministres dans le gouvernement.

Sur l’incident impliquant le commissaire du gouvernement, Me Claudy Gassant et le commissaire de Pétion Ville, Frantz George, le sénateur Joseph Lambert, lui aussi invité à cette émission de Ranmase, et comme l’avait fait avant lui le député Jacinthe, a conseillé à Me Madistin, avocat du second à jouer la carte de l’entente et de la conciliation pour résoudre le problème car, après tout, il s’agit de deux autorités de la chaine pénale qui étaient dans une activité privée, n’ayant absolument rien à voir avec leurs fonctions. Me Ménard n’est lui-même pas d’accord car, il croit qu’en utilisant la formule « Kase fey Kouvri sa », on ne rend pas service à la justice. Emmanuel Ménard, on l’a compris, a mis de l’eau dans le moulin de Samuel Madistin qui avoue que Me Gassant prend plaisir à utiliser sa fonction et les privilèges y afférents pour se comporter comme un intouchable. « Il est temps que ça cesse », a dit l’ancien parlementaire qui rappelle que la loi ne donne pas autorité à Me Gassant pour délivrer des mandats d’amener comme bon lui semble sans qu’il y ait flagrant délit.

 
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